Merci, monsieur le Président. Je suis heureux de vous entendre nous assurer que vous pensez nos déplacements de manière globale sans privilégier quelques Communes au détriment des
autres. Je n’oublie pas ici, monsieur le Président, que je suis aussi le Député de la 11ème circonscription du Rhône, c’est-à-dire la pointe sud directement impactée par tous les contournements lyonnais routiers,
autoroutiers et ferroviaires, dont il me revient d’être le porte-voix, si vous le permettez, puisque manifestement ils n’ont pas encore eu droit au chapitre.

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En remarque préliminaire, je voudrais d’ailleurs vous faire part d’un triple regret : regret de l’absence d’une réelle vision d’ensemble des transports à long terme dans nos territoires ; vous avez cité, à juste titre, le contre-exemple de la Ville de Los Angeles qui doit nous inspirer pour l’avenir. Regret de l’absence de réelle concertation entre les grandes collectivités locales que sont la Métropole, le Département et la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Regret de l’absence de réelle consultation des élus, des populations concernés ; c’est précisément le cas des conséquences du déclassement de l’autoroute A6-A7.

La démarche adoptée manque de cohérence : vous déclassifiez d’abord, dont acte, sans savoir comment le délestage de ce trafic va s’organiser. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une politique du fait accompli, même si -et vous le savez- je suis entièrement d’accord avec ce déclassement. Monsieur le Président, vous admettrez que sur des questions d’une telle importance, qui engagent notre avenir, qui touchent à la qualité de vie et à notre environnement, l’intérêt de la Métropole ne doit pas se faire -vous l’avez précisé d’ailleurs- au détriment de la grande agglomération lyonnaise.

Avez-vous songé aux populations de l’est lyonnais et du sud du département, les grandes oubliées et les grandes sacrifiées ? Dès lors, je vous demande pourquoi ne pas adopter, pour le contournement routier, la même position que celle que vous tenez pour le contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise, à savoir de privilégier un tracé beaucoup plus direct qui limiterait l’impact sur les habitants riverains de l’autoroute A46 sud, c’est-à-dire ceux de Mions, Corbas, Chaponnay, Marennes, Simandres, Communay, Ternay et Chasse sur Rhône ? En effet, pourquoi ne pas prolonger l’autoroute A432 plus au sud au lieu de faire revenir le trafic sur l’autoroute A46 sud ? Ces questions sont d’autant plus légitimes que ce secteur sud-est de Lyon est directement exposé aux risques et nuisances des installations classées Seveso de Chasse sur Rhône, de Givors, de la Vallée de la chimie et qu’il est aussi exposé aux risques de la gare de triage de cible 1 où sont stockés des wagons de matières dangereuses.

Monsieur le Président, le déclassement de l’autoroute A6-A7 est sans doute une excellente décision qui sera effective en novembre 2017 mais je m’inquiète de ce qui sortira des réunions en Préfecture concernant le tracé de ce contournement.
Je vous demande donc d’engager dans les meilleurs délais une large concertation avec les associations d’élus et de riverains de l’est et du sud, avant que des solutions définitives ne leur soient imposées et aillent à l’encontre des préconisations de la COP21. Je vous invite donc à venir rencontrer nos acteurs locaux sur le terrain pour qu’ensemble nous prenions les bonnes décisions au profit de toutes les populations l’agglomération lyonnaise, sans exclure celles du Pays de l’Ozon et de l’Est lyonnais.
Je vous remercie.

Intervention de Georges FENECH sur le déclassement des autoroutes A6/A7