Monsieur le Président, chers collègues, comme mes collègues, je souhaite utiliser cette délibération qui concerne la protection de l’enfance pour parler aussi de l’Internat Favre.

Comme vous le savez, c’est un internat municipal depuis 1925, même si en 2005 l’Etat a participé à son financement, qui est, depuis 2011, à hauteur de 200 000 euros par an, jusqu’en 2014. Monsieur Collomb, en janvier 2011, vous souhaitiez que le Département investisse davantage. Vous disiez le 29 octobre 2010, je cite : “J’ai écrit au Conseil général, puisque les internats de ce type sont la responsabilité du Conseil général.” Vous voilà maintenant devant vos responsabilités. Est‑ce que ce que vous disiez en 2010 n’était qu’une formule pour justifier votre désengagement ? Si vous le pensiez vraiment, pourquoi ne pas faire aujourd’hui, alors que vous récupérez les compétences du Conseil général, ce que vous souhaitiez hier ? Ce double langage n’honore pas la parole politique.

Vous nous avez dit au dernier Conseil municipal de Lyon que ce n’est pas 60 places qu’il nous faut aujourd’hui, mais 1 000 places. Je vais donc vous faire une suggestion. Puisque vous avez validé le projet d’établissement de l’Internat Favre jusqu’en 2017, conservez-le jusqu’à cette date. Prenez en charge avec la Métropole la part de l’Etat et développez-le pour qu’en 2017 il serve de base, de référence pour un grand projet métropolitain.

Vous parlez sans cesse, monsieur le Président, de la Métropole de Lyon, dont l’ambition est de lier l’urbain à l’humain. L’urbain, c’est fait. Et pour l’humain, monsieur le Président, c’est quand ? Vous n’avez pas entendu les familles de ces enfants, leurs incompréhensions, leurs inquiétudes et parfois leurs souffrances. Vous ne les avez même pas rencontrées. Vous n’avez pas entendu le personnel de l’Internat, dont les résultats sont reconnus par tous et qui ne comprennent pas votre décision. Vous n’avez pas entendu les témoignages de ces anciens internes, qui disent que sans l’internat, ils auraient probablement sombré. Vous n’avez pas entendu enfin les Lyonnais qui se sentent trahis, car ils ont écouté vos vœux, ils ont été nombreux sur ce mois de janvier. Ils vous ont cru quand vous parliez d’humanisme. Ils se rendent compte aujourd’hui qu’après Bachat-Bouloud, après Le Serverin, et maintenant avec l’Internat Favre que votre politique est une véritable braderie sociale.

Tout ce qui a été construit et défendu par vos prédécesseurs, ce qui faisait l’image de l’humanisme lyonnais passe aujourd’hui en pertes et profits, car il manque 200 000 euros par an, la part que l’Etat versait jusqu’à ce jour à l’Internat Favre. J’ai entendu vos arguments : la baisse des dotations, le principe de responsabilité, le besoin de restructurer nos compétences. Aucun de ces arguments ne justifie aujourd’hui l’abandon de l’Internat Favre.

Au contraire, ils justifient son maintien. Si on rajoute à cela le grave problème des décrochages scolaires, dont les effets désastreux se font sentir encore plus cruellement aujourd’hui, le maintien de l’Internat Favre devrait être une priorité. Je vous ai à plusieurs reprises suggéré de faire de cet internat un établissement municipal et métropolitain. Nos deux collectivités sont légitimes pour porter ce dossier, comme vous le disiez vous-même en 2010. Fermer cet internat n’est justifié en réalité que par vos choix politiques, qui privilégient certaines lignes budgétaires au détriment d’autres. Beaucoup ici, sur ces bancs, souhaitent comme moi et comme beaucoup d’autres que vive l’Internat Favre. Pour vous le prouver, j’aimerais que 40 Séance publique du Conseil du 26 janvier 2015 ceux, qui, comme vous, souhaitent que l’on ferme l’Internat Favre lèvent la main. Vous le voyez, c’est le moment ou jamais, monsieur le Président, mettez un acte concret derrière votre slogan : “relier l’urbain et l’humain”. Et pour une bonne fois : sauvez l’Internat Favre !

Je vous remercie.

Internat Favre
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