Monsieur le Président, mes chers collègues, aujourd’hui, nous arrivons à la compétence insertion, un sujet qui a fait l’objet de nombreuses discussions et de nombreux échanges avec notre Vice-Président à l’économie, David Kimelfeld et madame Bouzerda, Conseillère déléguée en charge de l’insertion par l’activité économique.

C’est vrai que ce rapport n’arrive pas comme cela du jour au lendemain. Il y a eu de nombreux échanges et c’est pourquoi aujourd’hui je crois que l’on va se retrouver très nombreux à voter ce rapport, compte tenu de la qualité du travail réciproque qui a été fourni et des échanges.

Moi, je voudrais évoquer la nécessité de réussir cette compétence. Alors, cette compétence, j’ai entendu dire à plusieurs reprises au cours de la soirée que le Grand Lyon avait absorbé les compétences du Département. Excusez-moi mais ce n’est pas ma perception. Aujourd’hui, la Métropole est une nouvelle collectivité, dotée à la fois des compétences de l’ancien EPCI Grand Lyon et du Département. Et c’est ce qui nous donne une certaine force et une certaine puissance pour pouvoir justement, dans quelques années, en recueillir les fruits, si on ne fait pas trop d’erreurs ; et malheureusement, des erreurs, on est tous humains, on en fait tous, tous les jours.
Moi, je voudrais vous parler de l’ampleur de la tâche parce que je sais que la plupart des élus qui sont impliqués dans le sujet connaissent bien ce problème. Je voudrais vous parler de la tranche d’âge des 15-29 ans, ceux qui aujourd’hui sont sans emploi, sont décrochés complètement, ne suivent aucune formation ni aucune étude ; savez-vous qu’en France, mes chers collègues, aujourd’hui, ils sont 1 900 000. C’est un triste record et ce qu’il y a de curieux et d’inquiétant, c’est que quand ce chiffre monte en France, il baisse chez nos voisins allemands. Donc on peut tout de même se poser les bonnes questions parce que ce sont des chiffres de l’OCDE. Ce ne sont des chiffres ni gouvernementaux ni partisans. Ils sont, à mon avis, fiables.

Aujourd’hui, pour nous, la vraie question c’est de savoir comment on va gérer cette période transitoire parce qu’aujourd’hui, il est évident que la Métropole ne peut pas se créer en un jour. On le sait tous. L’avantage de ce rapport, c’est qu’on a les moyens à la fois de gérer cette période transitoire, de ne pas perdre les fonds européens parce que -vous le savez aussi- les fonds européens génèrent des déficits de trésorerie parce qu’on touche les fonds quand on a réalisé les actions et on a des partenaires sur les territoires, les associations qui interviennent et aujourd’hui, bien malheureusement, les PLIE quelquefois tardent à payer, tout simplement parce qu’il y a des déficits de trésorerie.

Donc moi, je crois que, pour l’instant, cette disposition transitoire telle qu’elle est appliquée convient parfaitement. Mais, il faut tout de même se poser la question de l’insertion globalement -comme cela a été dit par les précédentes intervenants- parce qu’effectivement, il ne faut pas se cantonner à un seul public : il faut s’adresser à l’ensemble des publics aujourd’hui connus mais ceux qui sont à venir parce qu’aujourd’hui, c’est un combat et on le sait tous qu’il ne sera jamais gagné que si on anticipe les difficultés ; les difficultés économiques -il est vrai que notre Métropole est dynamique- mais les difficultés dues à notre système éducatif qui crée de la discrimination au lieu de la régler et notre système de formation professionnelle qui n’est pas à la hauteur de ce qu’il devrait être au
XXIème siècle.
Donc je souhaite, moi, un large rassemblement d’énergies sur ce sujet. Pour cela, les Maires du PLIE Uni-Est, nous nous réunissons vendredi pour faire bien entendu des propositions parce que, pour nous, je crois que la bonne échelle reste l’échelle métropolitaine pour la globalité de gestion et que les guichets de territoire peuvent être modulés bien entendu en fonction des moyens que chacun voudra y mettre.

Je crois que pour avoir droit de cité -comme on dit-, de parler, il faudra aussi que chacun mette un peu la main à la poche, qu’aujourd’hui, les Communes qui ont des besoins le font déjà et que les nouvelles Communes qui veulent rentrer dans le système peuvent le faire mais qu’il faudra bien se poser la question du maillage entre les systèmes, dispositifs divers et variés, tout le monde détenant la vérité. Mais en réalité on se rend compte que, collectivement, on n’est pas sur le chemin de la réussite et qu’aujourd’hui, il faut mettre beaucoup d’énergie et pas avoir d’à priori pour monter un dispositif d’insertion au niveau de l’agglomération avec des déclinaisons territoriales.

Voilà ce que défend notre groupe, monsieur le Président.

Insertion professionnelle et gestion du FSE