Merci, monsieur le Président. Chers collègues, il y a quelques jours effectivement, nous apprenions la disparition d’Henry Chabert avec tristesse bien sûr. Beaucoup ici sur ces bancs ont eu l’occasion de travailler avec lui pendant les plusieurs mandats où il a siégé parmi nous, dont deux dans l’Exécutif de cette assemblée.

Quelles que soient nos sensibilités politiques, tous se souviennent de sa gentillesse, de l’attention qu’il portait à chacun, de son sens de l’écoute et surtout de son ouverture aux autres. Ce qui a caractérisé son action politique se résume, de mon point de vue, en deux points.

Tout d’abord, l’homme, par son caractère, sa sensibilité, qui était étranger à tout sectarisme, qui portait la même attention à Lyon qu’à Vaulx en Velin ou Vénissieux, au chef d’entreprise qu’à l’ouvrier. Sa manière de faire de la politique était exigeante et respectueuse, avec une empathie naturelle qui mettait à l’aise tous ses interlocuteurs. Ouvert et tolérant, ses convictions humanistes ont toujours placé l’homme au cœur de son action, lui qui disait : “Lyon n’est jamais plus belle que quand elle se préoccupe de l’humain !”

Travailleur inlassable, il aimait le fonctionnement en équipe, il avait fait de la concertation son principe d’action et avait donné, dans notre assemblée, son titre de noblesse à l’Agence d’urbanisme. Associer les entreprises à sa vision du territoire et de son développement, partager les expériences, expérimenter de nouvelles façons de faire mais aussi associer des écrivains, des sociologues, des artistes pour donner du sens et de l’esthétique aux projets d’urbanisme, il aimait changer les choses, les rendre plus belles, plus humaines. C’était un visionnaire mais aussi un homme d’action, un bâtisseur. L’expression “Lier l’urbain à l’humain” pourrait être sa signature, c’est en tout cas son empreinte forgée dans son action politique au service de notre ville et de notre agglomération.

La deuxième caractéristique d’Henry Chabert, c’est son bilan. On parle encore des “années Chabert”, celles qui ont façonné notre ville et lui ont donné son rayonnement. Vous avez cité quelques-unes de ses actions, monsieur le Président.

En premier lieu bien sûr, le plan Lumière lancé en 1989 et qui est aujourd’hui une des plus belles signatures de Lyon qui en fait sa fierté ; la Cité internationale bien sûr lancée en 1993, avec son Musée d’art contemporain, son Centre des congrès, sa Salle 3000, ses bureaux, ses logements et bien sûr le siège mondial d’Interpol, le parc de Gerland lancé en 1996, le deuxième poumon vert de Lyon après le Parc de la Tête d’Or, la rénovation de la Presqu’île avec la création des parkings du centre-ville, le réaménagement des places et des artères où il a fait entrer l’art dans la cité. Le projet de la Confluence : je garde en mémoire ces discussions avec Henry Chabert qui nous faisait partager la vision qu’il avait de cette partie de Lyon, les négociations avec Michel Noir pour acquérir des terrains dès qu’il devenaient disponibles, les problématiques de transports et d’aménagement, les immenses difficultés rencontrées, notamment pour transférer le marché gare à Corbas. Tout cela bien sûr avec la vision d’un réaménagement global de ce quartier qui était une friche industrielle et qui vous a permis, monsieur le Président, de faire aujourd’hui la Confluence.

Beaucoup d’autres réalisations sont à inscrire à son bilan comme la mixité sociale à laquelle il tenait tant. Ses compétences, sa vision du développement des territoires dans leur dimension humaine, culturelle, sociale et environnementale ont inspiré bon nombre d’urbanistes et de responsables de collectivités qui faisaient encore appel à lui il y a quelques jours.

Je sais, monsieur le Président, l’estime que vous lui portiez et l’attention que vous avez eue de continuer et d’amplifier beaucoup de ses projets. Je sais aussi que vous partagez, comme beaucoup d’élus présents cet après-midi, la peine des Lyonnais après sa disparition brutale.

Il m’a semblé que la Ville de Lyon ou la Métropole pouvait à son tour rendre hommage à Henry Chabert, à ce qu’il a été, à ce qu’il a fait, en donnant son nom à une rue ou à une place emblématique de notre Ville, comme par exemple à la Cité internationale ou à la Confluence. C’est le souhait de mes collègues et, je pense, de beaucoup de Lyonnais. Je ne doute pas que vous lui réserverez une suite favorable. Notre Ville et notre agglomération ont perdu un homme de cœur et un élu bienveillant pour qui l’intérêt général n’était pas qu’une formule.

Avec l’ensemble de notre groupe -et je pense en particulier à Michel Havard qui ne peut être là malheureusement aujourd’hui-, nous partageons la peine de ses amis et de sa famille. Nous apportons toute notre affection et notre soutien à sa femme, Danielle, leur tribu, enfants et petits-enfants, dans ces moments douloureux.

Je vous remercie.

Hommage à Henry CHABERT