Merci, monsieur le Président.

Voilà un vrai moment de vérité sur la Métropole. Vous nous proposez aujourd’hui une augmentation de 5 % de tous les taux de fiscalité. Cette augmentation, nous voterons contre, pas par simple esprit d’opposition, mais parce qu’elle révèle justement la différence dans notre approche de la gestion publique.

D’abord, on pourrait s’interroger sur le pourcentage retenu. Pourquoi 5 %, pas plus, pas moins ? Nous espérions que monsieur Brumm nous explique la vision de l’exécutif sur le développement de la Métropole sur le mandat, qu’il nous fasse part des grandes réalisations envisagées, des services de proximité à mettre en place en faveur des habitants et du chantier titanesque pour mêler l’urbain et l’humain. En réalité, non, son explication fut beaucoup plus simple : plus de 5 %, ce n’est pas facile à expliquer, et moins de 5 %, c’est plus difficile à compter, 5 % c’est un compte rond. Vous-même, vous ne savez exactement de combien sera votre besoin. Si c’est plus, vous reviendrez devant le Conseil en trouvant encore des boucs émissaires, comme le Gouvernement que vous soutenez, mais contre lequel vous déclariez récemment -je vous cite- : “Le Gouvernement fait en réalité payer sa réforme fiscale par les collectivités locales, ce qui n’est pas normal”. Mais qui, en sa qualité de sénateur du Parti socialiste, vote ce que le Gouvernement propose depuis 2012, si ce n’est vous ?

Vous avez donc un discours à Paris et un à Lyon, les habitants de la Métropole ne sont pas dupes.

Si c’est moins, tant pis pour les Grands Lyonnais, les habitants de la Métropole, je ne doute pas que vous saurez utiliser les excédents pour assurer vos bonnes relations avec les Maires des territoires qui vous accordent leur confiance.

Pour cela, nous aurions préféré que l’on fasse les choses dans l’ordre et, en toute transparence, que l’on adopte la programmation pluriannuelle des investissements qui doit orienter notre besoin en financement, avant le budget.

Ensuite, cette hausse d’impôts est un mauvais signe, tant pour les habitants de la Métropole que pour les entreprises qui y sont installées. Les habitants vont faire la connaissance avec cette nouvelle collectivité qu’est la Métropole, par leur feuille d’impôts, et autant dire que ce ne sera pas la partie la plus reluisante.

Les hausses d’impôts ne sont pas le moyen de la solidarité, comme vous le dites. Nous avons la conviction au contraire qu’elles sont contre-productives, car elles freinent l’initiative économique.

Nous vous avons souvent entendu dire que vous pouvez faire cette hausse, car vous l’aviez annoncée à Lyon intra-muros pendant la campagne électorale. C’est une drôle de justification et cela renforce encore notre conviction que cette hausse n’est pas liée à l’étude de la situation budgétaire de la Métropole, ou alors vous connaissiez dès mars 2014 cette situation budgétaire et nous nous demandons pourquoi avoir passé autant de temps à faire travailler la CLECRT sur l’équilibre financier.

Lors de vos vœux, vous avez dénoncé, monsieur le Président, ceux qui, par démagogie, disent qu’ils n’augmenteront pas les impôts pendant les campagnes électorales et qui le font. Je me posais exactement la même question à propos de certains Maires qui vous entourent dans l’exécutif. J’espère que leur démagogie ne vous portera pas trop ombrage.

Enfin, nous ne pouvons pas concevoir que la création de la Métropole se fasse avec les recettes financières d’avant qui ont montré leurs limites. Cette Métropole devait être plus efficace et plus économe selon vos dires. Elle devrait être l’occasion de réinventer notre modèle de gouvernance locale. Aujourd’hui, c’est l’inverse que vous nous proposez.

Nous demanderons un vote solennel à scrutin public sur ces rapports. Merci.

Retrouvez le détail du scrutin public ici

Hausse des impôts : c’est non !
Taggé sur :