Monsieur le Président et chers collègues, je vais rejoindre ce qu’a dit monsieur Jean-Luc Da Passano : la création de la halte ferroviaire et du pôle multimodal d’Yvours est une excellente nouvelle pour tous les habitants du sud de l’agglomération lyonnaise. Notre groupe votera donc cette délibération.

Mais, au-delà de ce projet, nous sommes tous convaincus que les déplacements sont des enjeux majeurs pour le développement de la Métropole, pour son attractivité.

Monsieur le Président, vous et nous voulons que Lyon devienne une capitale européenne, c’est louable, elle en a les qualités dans de nombreux domaines. Mais qu’en est-il au niveau des déplacements et des infrastructures de transports en commun ? A Barcelone, la quasi-totalité des villes à moins d’une heure du centre sont desservie s avec un fort cadencement. Il en est de même pour Francfort, pour Stuttgart ou encore Berlin. Toutes les Métropoles au rayonnement européen bénéficient d’une desserte ferrée efficace de type RER.

Le SEPAL lui-même nous invite à construire un RER à la lyonnaise. Et pourtant, rien n’avance.

Et pourtant, créer une alternative à la voiture, en ville et en banlieue, est bénéfique pour tous. Parce qu’abandonner la voiture, c’est créer un peu plus de pouvoir d’achat mais c’est aussi une occasion de faire un peu plus de sport. A Copenhague, 33 % des déplacements se font en vélo ; vous allez me dire c’est une ville modèle mais la moyenne des villes allemandes, c’est 15 %. Et ici ? A Lyon, malgré Vélo’v depuis onze ans, le vélo c’est 2 % des déplacements dans la Métropole, même si Le Progrès du jour nous indique une augmentation de 10 % au centre-ville de Lyon. Voilà pourquoi peut-être, en 2015, la qualité de l’air était si mauvaise un jour sur deux sur Lyon.

Nous partageons tous le même constat : dans l’hypercentre, le maillage tramway/métro/bus permet de limiter l’utilisation de la voiture. A Confluence, nous sommes même capables de tester une innovation : la navette électrique sans chauffeur. Oui, mais ailleurs dans la Métropole, en périphérie, comment peut-on se passer d’une voiture ? Impossible et sans une alternative de type RER, la banlieue continuera à prendre sa voiture et à encrasser ses poumons plutôt que d’adopter le vélo ou la marche. Sans alternative à la voiture, ce sont des journées de productivité d’ouvriers, d’employés, de cadres qui sont perdues, ce sont des journées de repos ou de bien-être gaspillées dans les bouchons. Et, sans alternative, tous les Grands Lyonnais subiront car, au XXIème siècle, personne ne peut vivre sans se déplacer car se déplacer, c’est vivre.

Prenons l’exemple du sud-ouest lyonnais -mais la même histoire se vit de partout dans la Métropole- : vous le savez et vous le voyez comme moi tous les matins, les axes routiers sont saturés : l’A7, l’A450 et la RD386 mais aussi les ponts de Vernaison, Givors et plus bas à Saint Romain en Gal.

Depuis Grigny, il faut 50 minutes pour se rendre à Lyon en voiture. En bus, c’est plus d’une heure ; et pour quelle fréquence en heures creuses ! En train, nous sommes simplement à 14 minutes du métro d’Oullins, à 17 minutes de Perrache mais un seul train toutes les demi-heures aux heures de pointe, une heure à une heure et demie aux heures creuses et tout cela avec un ticket qui ne permet même pas de prendre le métro derrière. Qui peut croire que nous souhaitons une alternative crédible à la voiture entre Grigny et Lyon ?

Et, si nous sortons de la Métropole, on peut regarder aussi du côté de Loire sur Rhône, Condrieu : les voies existent, elles sont électrifiées et aucun train de voyageurs. Pourtant, entre Oullins et Condrieu, c’est 120 000 habitants juste sur la rive droite et bien souvent ils travaillent à Lyon.

Pour nous déplacer, nous n’avons pas d’autre choix que de prendre notre voiture.

Aujourd’hui, nous avons une opportunité unique, une infrastructure ferroviaire électrifiée à deux voies existe déjà entre Lyon, Givors et Condrieu, avec une connexion au métro d’Oullins et aux TCL. Cinq communes (Oullins, Grigny, Vernaison, Pierre Bénite, Givors) -et prochainement six avec Irigny- disposent déjà d’une gare opérationnelle et de parkings relais.

Avec un collectif d’une quinzaine de Maires et de Parlementaires -et dans l’attente de nouveaux qui veulent bien se joindre à nous-, nous portons le projet de création d’un RER sud. La présence de ce réseau ferré entièrement électrifié constitue une chance historique pour la Métropole de se doter d’un RER à moindre coût, parce qu’avoir les gares, c’est bien, avoir les parkings relais, c’est bien mais sans un cadencement rapide, c’est illusoire d’obtenir des résultats.

Alors vous allez me dire : “Pourquoi ici et pas ailleurs ?”

La question n’est pas là ; c’est ici et ailleurs, c’est les deux. En fonction des opportunités et d’une logique de réalité, ce projet est, selon nous, celui qui est techniquement et financièrement le plus faisable à court terme. Mais, bien sûr, il faudra à terme faire des RER ouest, des RER nord, des RER est, ce ne sont pas les points cardinaux qui sont importants et ces questions de transports, nous, Conseillers métropolitains, nous devons en avoir une vision d’ensemble et une seule ambition et nous devons agir. Car -je vous le dis avec une forte conviction- si nous ne créons pas de véritables RER, nous ne serons jamais une capitale européenne en matière de transports !

Dans l’intérêt général, nous nous sommes retrouvés pour voter en faveur de cette délibération. J’ose espérer que nous serons capables de nous retrouver sur une unité pour des projets de RER de l’agglomération lyonnaise en général ; le sud pourrait servir d’exemple pour d’autres.

Le chemin est encore long -je l’entends- mais ce sont les premiers pas qui comptent. Aujourd’hui, c’en est un.

Hâtons ce pas pour faire avancer, avec la Région, avec le Conseil départemental, avec les Maires et la SNCF, pour construire finalement une idée un peu plus neuve : les RER à la lyonnaise ; ils sont marqués dans le SEPAL.

Merci.

Halte ferroviaire d’Yvours et RER lyonnais