Monsieur le Président, mes chers collègues, Grigny est une petite ville issue de l’installation de la famille Grignus au bord du Rhône, en proximité de la Grande Métropole Lugdunum. A l’époque, avaient-ils construit un Syndicat interfamilial qui s’appelait Sitivus pour gérer leurs chars et leurs charrues comme aujourd’hui nous avons les Sitiv avec la Ville de Vénissieux ? L’histoire ne nous le dit pas !

Au Moyen Âge et à la Renaissance, Grigny était un charmant village de paysans et de pêcheurs, d’artisans, dont nous pouvons admirer encore la tour du vieux château et le vingtain. C’était le temps des maisons des champs entre Grigny, Millery et Montagny, le temps des arts où les riches marchands lyonnais décoraient leurs demeures de magnifiques peintures murales. Certaines ornent encore aujourd’hui les murs de la mairie ; ces peintures, que nous mettons en avant lors des journées du patrimoine, que nous essayons de restaurer après qu’elles aient été laissées à l’abandon, pendant trente ans pour certaines.

Grigny était-elle un simple quartier nord de Givors comme certains le voulaient ? La réponse, non, je le crois. Vous voyez, mes chers collègues, ma chère collègue communiste, la Ville a une histoire, une belle et longue histoire. Cette histoire est liée au Rhône, avec ses carrés de pêche, son vieux port, sa traille, je pourrais vous parler aussi de Bernard Clavel, habitant de Vernaison qui venait flâner le long du Rhône à Grigny, cherchant l’inspiration pour ses pirates du Rhône, ce même Bernard Clavel qui nous a fourni le texte de notre dernière dictée communale dimanche dernier, un texte sur le Rhône qui a réuni plus d’une centaine de personnes pour jouer avec les mots, avec l’orthographe, comme certains jouent le dimanche au bord du Rhône.

Alors, oui, Grigny était gérée par vos amis communistes. Le terme “gérée” n’est peut-être pas totalement adéquat et la Chambre régionale des comptes, qui étudie avec attention les finances de la Ville depuis quelques jours, donnera son avis sur cette fameuse gestion communiste.

Du passé voulons-nous faire table rase ? Ce ne sont pas nos valeurs, rassurez-vous, ni Good bye Lénine ni tout le monde n’a pas eu la chance de vivre dans une ville communiste. Chance, je ne sais pas quand je pense à cette mairie de pure tradition stalinienne accolée au château du XVIIème siècle : elle fut construite sans permis de construire mais sans inspiration non plus ; ni Renaudie ni Oscar Niemeyer, toutes les villes communistes n’ont pas les mêmes chances. Au bilan, elle est davantage une blessure qu’un patrimoine reconnu par l’UNESCO ! Parce que Grigny a été communiste, rien ne doit évoluer ? Cela me fait penser à mon prédécesseur qui m’écrit régulièrement pour ne pas changer de place les tableaux dans la mairie, au nom de la propriété intellectuelle bien évidemment !

Madame la Conseillère, votre intérêt pour la Ville de Grigny, son histoire, son évolution est louable et je vous remercie de la tribune que vous m’offrez pour mettre en avant notre petite ville bordée de quatre kilomètres de Rhône et je vous invite à venir la visiter, à profiter de ce havre de paix qui, je l’espère, accueillera demain un joli petit port de plaisance proposé dans le cadre de la PPI.

Mais, pour cela, nous devons encore régler quelques conflits laissés par votre collègue, mon prédécesseur, avec la Métropole, dans le cadre d’une ZAC qui risque de faire beaucoup de bruit dans les semaines qui viennent si nous ne pouvons trouver une autre solution que de sacrifier l’ensemble de la PPI de la Ville ; régler aussi les conflits avec la Trésorerie pour les obligations et les factures impayées par mon prédécesseur pendant des années. Vous voyez, ma chère collègue, Grigny n’est plus communiste mais la page n’est pas encore totalement tournée. Les Grignerots, quand ils payent leurs impôts, ont encore cette amertume d’avoir été la ville la plus taxée du Grand Lyon !

Mais notre histoire est liée au Rhône, à ses inondations, à ses bords, il est important de le mettre en avant, c’est notre volonté, c’est la volonté aussi des habitants de Grigny et les consultations effectuées le montrent. L’adjonction de “sur Rhône” lève une homonymie ‑comme vous l’avez noté‑ ennuyeuse pour les entreprises et les administrations grignerotes. Elle ajoute du lien, de la poésie, un attachement mais elle n’enlève rien, rien à personne, sauf aux idéologues et aux adeptes du complot mais, pour eux, je ne peux rien, je ne suis élu que pour les Grignerots et par les Grignerots et je travaille pour eux.

Je vous remercie.

 

Grigny devient Grigny-sur-Rhône
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