Monsieur le Ministre, monsieur le Président, mes chers collègues, au-delà de la ZAC de

La Duchère, à l’heure où nous allons changer de Président, nous devons nous poser quelques problématiques.

 

La gestion d’une Métropole, comme toute grande institution, ne dépend pas que d’un homme. Nous sommes un territoire attractif et dynamique. Par le passé, nous avions aussi la chance d’avoir une capacité d’investir massivement pour entretenir et décupler cette dynamique. Nous savons aujourd’hui que nos marges de manœuvre sont plus réduites, que nous devons prioriser, que nous devons investir uniquement si les effets de levier sont conséquents. Je pense que dans le contexte national cela se comprend aisément.

 

Mais notre gouvernance est-elle efficiente pour un aussi bel outil ?

 

Il y a deux mois, monsieur le Président, je vous demandais un rendez-vous pour dialoguer, échanger, construire une solution concernant deux ou trois dossiers d’une petite ville aux confins de notre Métropole. Aujourd’hui, je n’ai pas eu de rendez-vous car vous aviez une longue marche à accomplir. Je ne l’aurai pas demain car vous avez une mission importante à réussir pour la France et j’espère de tout cœur que vous la réussirez parce que, tout comme vous, je suis attaché à l’intérêt général.

 

Mais la Métropole doit vivre et fonctionner pour toutes les Communes qui la composent et pour tous les Grand Lyonnais. J’espère que la prochaine présidence lui permettra de faire sa mue en matière de gouvernance parce qu’aujourd’hui, mon propos pourrait être tenu par bon nombre de Maires ici présents ; nos dossiers n’avancent pas par manque d’autorisation donnée aux services et dans leur incapacité à se projeter, à construire dans le dialogue avec les élus de terrain, de décider et de gérer dans un cadre budgétaire précis. Tout doit passer par le Président, alors rien ne se fait parce que le Président n’a pas le temps. Aucune institution moderne ne fonctionne ainsi car elle devient rapidement omnipotente alors qu’elle devrait être agile et efficace.

 

Monsieur le Président, libéré, délivré, pour que nos projets avancent, faites confiance aussi aux élus de terrain. Notre but n’est pas de vider les caisses de la Métropole mais de progresser tous ensemble. Notre objectif, pour tous les Maires, pour tous les élus de cet hémicycle, c’est la réussite de nos territoires, solidairement et donc d’œuvrer pour tous et dans l’intérêt de la Métropole, de toute la Métropole, pour les petites Communes, comme pour les grandes, pour le centre avec ses périphéries. Il ne faudrait pas que OnlyLyon devienne LonelyLyon !

 

Je ne sais pas qui sera le prochain Président mais je lui conseillerai de rencontrer rapidement tous les Maires pour vite faire avancer les solutions de bon sens que nous serions capables de porter ensemble. Je lui conseillerai de laisser de vrais espaces de décision et de liberté à ses Vice-Présidents pour autoriser les services à travailler efficacement sur les projets.

 

A Grigny, cela fait sept ans que nous essayons de discuter d’une ZAC. Des erreurs ont sûrement été faites de part et d’autre mais sept ans sans trouver un rendez-vous malgré le changement de Maire en 2014, c’est surprenant. Pour ma part, cela fait trois ans que je porte des propositions dans le sens du bien commun mais impossible de les partager. J’en ressens une certaine frustration évidemment, d’autant plus que seulement 40 % de la PPI avaient été faits au précédent mandat et que la nouvelle n’a pas démarré.

 

Le concept métropolitain est moderne, je l’entends. C’est peut-être même une très bonne idée pour le XXIè siècle, monsieur le Président, C’est vous qui l’avez voulue, c’est vous aussi qui voulez la proposer aux autres grandes villes. Mais elle n’aura d’avenir que si on la libère d’une gouvernance ancienne. Ce sera la mission du prochain Président, sinon il faudra dira aux autres agglomérations : “Il est inutile de se mettre en marche parce que cela ne marche pas”. Après la création, maintenant vient la réussite de la vie de la Métropole. Sans cela, nos ZAC, nos PPI, nos ambitions seront revus à la baisse, nous serons bien loin d’un territoire à rayonnement européen et la Métropole sera vite qu’un gros machin.

 

Au-delà de la logique partisane, je suis d’accord avec vous, avec la seule préoccupation de l’intérêt général, nous devons retrouver les valeurs historiques du fonctionnement d’une intercommunalité basée sur des méthodes de travail inclusives. Je souhaite que nous partagions, je souhaite que nous discutions, que nous soyons associés pour les 1,300 million de Grands lyonnais, que tous dans leurs différences soient pris en considération. Je crois profondément à l’intérêt d’une Métropole construite sur la diversité de ses territoires. Nous pouvons et nous devons bâtir une vraie cohérence territoriale. N’excluons personne ! Je souhaite que chacun, dans la majorité, dans l’opposition ou ceux qui marchent entre les deux puissent enfin porter une vision véritablement métropolitaine, qu’une nouvelle façon de travailler puisse naître dans l’intérêt de nos territoires, de tous nos territoires.

 

Je vous remercie.

Gouvernance et ZAC de Grigny