Monsieur le Président,
Mes chers collègues.
 
Cette délibération qui est proposée à notre vote tombe à point nommé.
Si elle appellera bien évidemment un vote favorable de la part de notre groupe, elle nous permet d’étendre très largement le débat sur la question de la place des espaces verts, naturels, agricoles et boisés dans notre métropole.
Les outils de protection de nos espaces naturels et agricoles tels que les PENAP sont une excellente chose.
Comme cela a été dit et écrit, ces PENAP pérennisent la vocation et l’usage de ces espaces.
La pression foncière est telle que si nous ne sanctuarisons pas de manière forte les derniers espaces de ce type qui nous restent, nous courrons à une catastrophe écologique de grande ampleur.
Mais nous devons faire preuve aujourd’hui d’une plus grande ambition.
J’irai jusqu’à dire que nous devons remettre en cause nos modèles de développement urbain.
 
Les épisodes caniculaires que nous avons vécus ces derniers jours deviendront de plus en plus fréquents et même habituels. Tous les spécialistes du climat en conviennent.
Nous savons également, toujours par ces spécialistes du climat, que les épisodes de pollution de l’air peuvent être étroitement liés à ces canicules.
 
Plus on se situe dans des îlots d’urbanisation dense avec de grandes hauteurs, plus on observe des températures significativement plus élevées que dans des zones moins denses.
Les habitants de nos villes vivent dans de véritables îlots de chaleur urbaine.
Les structures routières et autoroutières qui enserrent notre métropole au plus près asphyxient nos populations.
Et, ce n’est pas la création d’une ZFE à l’intérieur du périphérique et l’abaissement de la vitesse qui va améliorer durablement les choses.
Tout ceci est un emplâtre sur une jambe de bois.
C’est toute une manière de penser notre métropole qui doit être réexaminée.
Il fut un temps où la mode était aux places publiques essentiellement minérales. De beaux exercices de style pour les concepteurs de l’espace public mais en définitive une catastrophe à vivre.
Notre PADD prévoit une augmentation de population dans notre bassin de population de plusieurs centaines de milliers d’habitants à relativement bref horizon.
Avons-nous intégré les nouvelles donnes climatiques dans nos schémas de développement ?
Je ne le crois pas.
Ce programme d’action PENAP 2019-2023 va dans le bon sens.
Mais, je me répète, ce n’est pas suffisant.
Nous devons être beaucoup plus ambitieux.
Mais nous pouvons aussi, selon un planning plus resserré, prendre d’ors et déjà d’autres décisions immédiatement impactantes.
Je vous incite à lire un article extrêmement pertinent paru dernièrement dans un grand journal du soir sous le titre « canicules à répétition : comment refroidir les grandes villes ? »
De la même manière, de nombreuses études internationales menées sur ce thème font apparaître la nécessité impérieuse d’une part de recréer des îlots de nature en ville, d’autre part de planter des arbres en grand nombre et aussi de créer ou développer des ceintures vertes fortes autour des grandes villes.
Loin de moi la prétention de poser Saint-Priest en modèle mais je souhaite seulement vous faire part de notre expérience.
Constatant qu’au début des années 2010, 2 ZAC avaient été signées engendrant la construction de 4000 logements, Saint-Priest a décidé de lancer une opération de plantation de 4000 arbres ; objectif aujourd’hui dépassé.
Les études les plus récentes démontrent le rôle des arbres urbains dans la lutte contre la pollution par les particules et contre la chaleur extrême.
Pour mémoire, un seul grand arbre peut retenir jusqu’à 5,4 tonnes de CO2 par an et 20 kg de poussières. Ce même arbre serait capable d’abaisser  la température de 2 à 4 degrés Celsius immédiatement autour de lui.
 
Pour conclure, je rappelle cette préconisation des écologues et climatologues de développer les ceintures vertes autour des grandes villes.
Dans ce cadre, j’ose espérer que le calamiteux projet de création de shunts autoroutiers, dont notamment celui de Manissieux qui viendrait empiéter sur une zone de PENAP existante sera définitivement abandonné.
Si on en venait à vouloir construire un shunt autoroutier en lieu et place d’une partie même minime des rares zones de protection des espaces naturels et agricoles qui subsistent, je vous assure que je mettrais toutes mes forces et mon énergie à m’y opposer. Et ce avec le soutien de toutes celles et ceux qui sont attachés à la défense de notre environnement. Et ils sont nombreux, croyez-moi.
 
Merci pour votre attention.
Gilles GASCON – Protection des espaces verts