Intervention de Gaël PETIT
  • (Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Le rapport 2018 concernant la gestion des déchets montre que parfois, les bonnes intentions viennent s’écraser sur le mur des réalités. Ou plus sobrement, malgré les grands discours écolos et les budgets qui y sont consacrés, le bilan peut cette année être qualifié de mauvais sur bien des points, malgré l’adoption du Programme local de Prévention des déchets Ménagers et assimilés voté l’an dernier. Le premier d’entre eux est l’indice de réduction des déchets ménagers et assimilés, qui ne recule que de 4,5% en 8 ans, alors que l’Etat nous impose une baisse cumulée de 10% à fin 2020. Autant dire que nous n’y arriverons pas. Alors même que cette année, la tendance s’est inversée dans le mauvais sens, avec une augmentation des quantités collectées, puisque celles-ci augmentent de 1,6% juste sur un an, alors que la population a augmenté moitié moins sur la même période. Conclusion édifiante, la politique du « un mauvais déchet est un déchet qui n’est pas produit » n’est que pur verbiage, tant elle est en décalage avec la réalité. Le deuxième point que nous qualifierons de désastreux, est la qualité du tri dans les poubelles vertes, qui ne cesse de se dégrader, atteignant les 35,8% en 2018. Comment ne pas y voir l’échec total de votre politique de saupoudrage de subventions à vos amis associatifs, et qui démontre donc une inefficacité rarement égalée ? Il est certain qu’à partir du 1er janvier prochain, ce taux va s’améliorer, puisque la métropole va désormais trier et retraiter la grande majorité des emballages plastiques et métal. Mais là où le geste de tri n’est pas appliqué aujourd’hui, il n’y a aucune raison qu’il ne le soit véritablement demain, même si nous faisons des efforts pour récupérer tout ce qui peut l’être. Le 3ème point est le taux de recyclage des emballages que nous récupérons, qui demeure stable à 48,8%. L’objectif national est hors de portée puisqu’à 75%. Le seul déchet dont le recyclage est conforme à l’objectif national est le verre. Parallèlement, la collecte du verre fonctionne bien et il faut le signaler. Mais ce n’est pas la même histoire pour les autres matériaux. Dans les points positifs, nous pouvons signaler que les habitants se sont vraiment appropriés les déchèteries, qui voient leur volume de collecte légèrement augmenter. De même, les dispositifs de collecte complémentaires aux déchèteries ont permis d’assurer de la proximité dans ce domaine : on peut parler de la collecte des sapins, des végétaux, de la déchèterie fluviale et des déchèteries mobiles, le développement du compostage collectif, la lutte contre les gaspillage alimentaire. Toutes ces actions reposent à la fois sur les services de la métropole, et sur des associations. Nous regrettons que le Rapport annuel, si pédagogique soit-il, omette 2 points importants :
  • Premièrement, de faire un bilan global, qualitatif et quantitatif, de toutes les subventions distribuées sur ces thèmes à une multitude d’associations censées améliorer les résultats.
  • Deuxièmement, on voit apparaître dans le rapport une nouvelle carte cette année, avec l’évolution de la quantité de déchets collectée par commune, avec les bons et les mauvais élèves. Voilà des années que le groupe Les Républicains et Apparentés réclame la même carte, mais avec la qualité du tri par commune. Si l’on veut améliorer celui-ci, autant cibler les zones prioritaires non ? Pourquoi cela n’est pas possible alors que manifestement, vous détenez des données très précises par communes ?
Nous sommes dans l’incapacité d’expliquer précisément ce que cela nous coûte, ce que cela nous rapporte, et pourquoi certains critères décisionnels sont si éloignés des objectifs que nous nous sommes fixés, ou que l’Etat nous a fixé. Tout juste sait-on que les dépenses en faveur des actions limitant les déchets sont évaluées à 1% du budget de dépenses 2018, soit environ 1,5 millions d’euros. Celles-ci auraient augmentées de 65% en 2018, soit 610 000 € de plus, liés a priori au lancement du Programme Local de Prévention des Déchets Ménagers et Assimilés. On apprend aussi que les dépenses relatives aux messagers du tri s’élèvent à environ 1 100 000€. Soit une enveloppe globale annuelle estimée à 2,6 millions pour la prévention. Monsieur le Président, quand on voit le résultat à la fin de ce mandat, nous sommes en droit de vous demander des comptes sur ce sujet. Je vous remercie de votre attention.
Gestion des déchets et assimilés