Monsieur le Président,

Si nous faisions du mauvais esprit, nous dirions que vous subventionnez à travers ce rapport tout ce que la Métropole de Lyon compte comme associations qui vous sont proches politiquement.

Nous pourrions aussi dire que pour éviter de discuter de 65 subventions individuellement pour 40 associations, vous les avez regroupés dans un Plan qui n’en a que le nom, et dont les seules annexes comportent 1 299 pages ! Qui plus est certaines annexes sont tronquées ou illisibles…

Mais comme le Développement Durable est un sujet trop sérieux pour n’être confié qu’aux écologistes, il nous semble urgent de prendre un peu de recul pour analyser les choses.

Prendre un peu de recul, pour essayer de comprendre ce qui justifie une dépense de 745 385 €, en hausse de 7,35%, pour un plan qui s’adresse je cite à un « public large et diversifié ».

Prendre un peu de recul pour essayer de comprendre pourquoi l’éducation au numérique est mêlée à ce plan, alors qu’il aurait été plus lisible de l’en écarter.

Prendre un peu de recul pour essayer de percevoir un résultat tangible dans les actions menées en 2018.

Tout cela relève de la gageure, tant ce dossier est un amoncellement d’actions, un « essaimage de messages » pour reprendre les termes de la délibération, je rajouterais un « essaimage de messages » dont on ne saisit pas la ligne directrice, ou la colonne vertébrale si vous préférez.

Alors bien sûr, nous connaissons votre argumentaire, qui consiste à culpabiliser les uns et les autres, car une action de ce plan se trouve sur la commune d’un tel ou d’un tel, et qu’il ne faut pas voter contre. Mais les choses évoluent mes chers collègues. Dès l’an prochain, celles et ceux qui siègeront ici ne seront plus les élus d’une commune, mais bien d’une circonscription, et même dans l’esprit, plus des élus métropolitains que communaux.

Dans ce cadre, nous devons raisonner Métropole, et intérêt général intercommunal.

Alors il y a sans doute des choses très bien dans les actions entreprises, comme ce que propose l’association AREMACS, qui vise à limiter les impacts environnementaux des manifestations sociales, culturelles et sportives en proposant des solutions concrètes aux organisateurs d’évènements pour réduire et limiter les déchets engendrés. Association qui a du reste une des plus petites subventions. Tout comme les actions visant à compenser l’obsolescence programmée des produits et leur conséquence. Là on est vraiment dans le sujet.

Mais que dire de certaines autres actions ?

Comment appréhender les 10 000 € que la fédération des centres sociaux s’apprête à mettre dans la réalisation d’un film dédié à un concours de cuisine ?

Que dire des 65 000 € pour les programmes de Fréquence Écoles, dont l’objet est de « mieux comprendre le numérique et ses innovations, ses controverses et ses promesses ». Opération baptisée SUPERDEMAIN. Quel est le lien avec le Développement Durable ?

Il y a aussi heureusement beaucoup d’interventions en milieu scolaire, qui reprenne des thématiques communes à plusieurs intervenants : mobilité, tri des déchets, sécurité routière, qualité de l’air.

Mais savoir sur quels critères une école ou une classe est choisie plus qu’une autre, c’est manifestement impossible. Et c’est aussi là que le bât blesse.

Enfin, quelle est cette nouvelle manie de vouloir à tout prix récompenser par des cadeaux des actions citoyennes et qui relèvent du devoir de bon citoyen ?

Était-ce par exemple nécessaire, comme vous l’aviez fait avec l’entreprise Yoyo pour le tri des déchets, de récompenser les parents et enfants participant au Pédibus par une activité ludique type Escape Game et d’un goûter « éco-responsable », qui, tout éco qu’il est, coûte quand même la bagatelle de 1 260 € ?

Et pour quel résultat ? Si l’on se fie à la qualité du tri des déchets justement dans l’agglomération, on ne peut pas dire que ce soit une réussite, c’est même plutôt le contraire. Pourtant, nous distribuons encore des dizaines de milliers d’euros à travers ce Plan, pour « former » la population au tri (ass. Mouvement de palier).

Il ne faut pas que la nécessaire défense de l’environnement se transforme en concours Lépine des demandes de subventions en tout genre.

Ce plan manque bien de cohérence et de lisibilité, tant il est éparpillé entre 40 associations et des thèmes vraiment très variés, et qui parfois donnent le sentiment de passer à côté du sujet du Développement Durable.

Notre groupe ne peut voter un tel dossier, sans que nous n’ayons pas de meilleures perspectives quant au retour sur investissement qui est fait de cet argent.

Je vous remercie de votre attention.

Gaël PETIT – PEDD