Intervention de François-Noël BUFFET lors du conseil de la Métropole de Lyon du 13 mai 2019 à propos de la révision générale du Plan local de l’urbanisme et de l’habitat
 Monsieur le Président, Chers collègues,
 
Nous sommes amenés aujourd’hui à voter le PLU-H de la Métropole.
 
C’est un acte politique fort qui doit traduire une vision et une politique voulues par l’exécutif.
 
Débutée en 2012, la procédure aura duré sept longues années au lieu des quatre annoncées !!!
 
Son élaboration nous paraît partiellement satisfaisante mais les conséquences de son temps d’élaboration auront été préjudiciables.
Beaucoup de projets et singulièrement en matière de construction de logements ont été retardés !
L’établissement de ce PLU-H métropolitain est complexe certes, il faut allier volonté globale de la métropole et volonté des communes.
Pour une bonne partie d’entre elles, leurs spécificités ont été respectées.
 
Notons tout de même que certains souhaits n’ont pas été respectés. Je me fais ici le porte-parole de mes collègues maires de Grigny, de Pierre-Bénite ou de Meyzieu. Nous aurions espéré qu’ils soient davantage entendus et respectés.
 
Puisque nous évoquons l’écoute et l’attention que doit avoir la Métropole pour les maires, je tiens à vous signaler que j’ai fait voter au Sénat la semaine dernière, dans une proposition de loi d’un de mes collègues, que les maires des communes de notre Métropole puissent être consultés pour tous les documents cadre de celle-ci au sein de la « conférence métropolitaine des maires » et puissent être réunis au - moins 2 fois par an et non 1 fois telle que la « loi Maptam »le prévoit à partir de 2020.
 
Élaborer un document de planification ce n’est pas seulement traiter l’immédiateté des choses mais bien imaginer, anticiper, prévoir, afficher une vision de long terme pour mieux accompagner nos concitoyens dans les années futures.
 
Rappelons que le SCOT, qui date maintenant, prévoyait 150 000 habitants de plus à l’horizon 2030 dans un scénario au fil de l’eau !
 
Au début de la procédure j’avais demandé à notre collègue Gilles BUNA alors vice-président de la Métropole et président de l’agence d’urbanisme, une évaluation sur les capacités de construction supplémentaire du PLU-H par rapport au PLU actuellement applicable.
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Je n’ai jamais eu de réponse !!!
 
Le problème désormais constaté entre votre volonté de développer la métropole et en particulier d’accueillir des entreprises, idée que nous partageons, est qu’il n’y a pas de cohérence avec nos capacités à construire des logements dans le même temps.
 
La pénurie de logements est réelle .Nous constatons un retard dans la construction et la livraison de projets neufs qui empêchent non seulement certains de nos concitoyens de se loger mais favorisent l’augmentation des prix de vente autant dans le neuf que dans l’ancien. Sur un an les prix augmentent de près de 15 % dans certains secteurs (le minimum étant de 6 %).
L’augmentation des prix de vente et de location contraignent de plus en plus de personnes à quitter la Métropole.
L’étalement urbain et son cortège de problèmes contribuent largement à emboliser nos réseaux de circulation !
 
Par ailleurs, habitat, mobilité, développement économique… notre vie tout simplement doit être dictée par la protection de notre environnement; même si quelques sceptiques doutent encore, dans cette assemblée nous sommes bien convaincus que l’environnement n’est pas une variable mais une composante de nos politiques publiques’ il y va de notre santé et surtout de celle des générations futures.
Ainsi je suis convaincu que nous devons intégrer le plan de déplacements urbains (PDU) au PLU-H.
 
Habitat et déplacement ne font qu’un. Nous devons impérativement prévoir quand ils n’existent pas ou développer quand ils existent les transports en commun et les accès modes doux en même temps que la construction de logements.
 
Il nous faut définir un plan de mobilité ambitieux. Je me suis déjà exprimé sur cette question. Il faut en matière d’habitat se doter d’outils de prospective et d’actions.
 
Ainsi notre groupe propose :

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de maîtriser le foncier, c’est essentiel !
Un simple observatoire ne suffit pas. Un outil interne ou externe doit être dédié à la maîtrise foncière et doté de fonds suffisants pour agir. Maîtriser notre développement, maîtriser les prix, avoir une métropole équilibrée. En effet, la collectivité doit rester maître du jeu et anticiper pleinement.

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d’accompagner les communes dans le financement des équipements publics. Vous n’avez pas repris le principe du « contrat triennal »qu’avait instauré le conseil général. Il faut le regretter.
Je propose de le réinstaurer au sein de la métropole.

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de créer des outils de prospective démographique scolaire.
 
Ce PLU-H ne s’appliquera peut-être qu’en 2020 soit huit ans après le lancement de sa révision !!
C’est sans doute déjà le passé même si nous pouvons admettre des points positifs, protection du patrimoine élargie, augmentation de la protection des espaces verts, nous regrettons tout de même qu’il soit à cette égard déjà en décalage avec les enjeux d’une Métropole à l’horizon 2030.
François-Noël BUFFET – PLUH