Monsieur le Président, chers collègues, personne ne peut s’accommoder de la tragédie d’une expulsion. Le devoir politique est de tout mettre en œuvre pour, avec discernement, venir en aide aux personnes et encore plus aux familles se retrouvant en situation d’extrême fragilité.

 

Ces deux délibérations sont une heureuse application de la loi Besson, avec la contribution de la Métropole mais également l’abondement direct ou indirect de grands groupes tels qu’EDF ou Engie ou encore des bailleurs sociaux.

 

Le groupe Les Républicains et apparentés votera favorablement ces deux délibérations, dont nombre d’entre nous mettent en œuvre dans leurs Communes, avec intelligence et succès, ces dispositifs d’aide à l’accès au logement, au maintien dans les lieux et aux impayés d’énergie et d’eau.

 

En revanche, nous tenons à dénoncer avec force ceux qui, à défaut à chercher à aider ces personnes en fragilité, font le choix délibéré d’instrumentaliser la misère de ces familles à des fins idéologiques et électoralistes ; c’est le cas de ces municipalités qui produisent des arrêtés anti-expulsions aussi bidons que dangereux. Depuis des années, nous assistons à ces gesticulations cyniques donnant sciemment l’illusion de mener un combat contre la pauvreté.

 

Rappelons que ces arrêtés sont non seulement illégaux et systématiquement cassés par le Préfet mais ils sont de plus idiots. En effet, s’ils devaient aboutir un jour, ces arrêtés anti-expulsions mettraient les petits propriétaires comme les grands face à de tels risques d’impayés que cela conduirait tout droit à une gigantesque crise du logement locatif et à une augmentation exponentielle des cautions. Ce double effet pénaliserait définitivement les foyers les plus fragiles, leur rendant le logement locatif totalement inaccessible.

 

Le seul contexte qui pourrait permettre de mettre en œuvre de tels préceptes idéologiques serait de supprimer le principe de propriété et de rendre le logement obligatoire par l’Etat ; cela a déjà été expérimenté, c’était sous le régime soviétique et encore aujourd’hui en Corée du Nord, avec les ravages que l’on connaît tous en termes de misère économique, morale et sociale.

 

Donc ce choix politique partisan d’un rare populisme ne peut être que dénoncé par tous. Il doit d’autant plus être dénoncé que, comble du cynisme, ces actions d’agit-prop se font à grands renforts de frais de communication et d’honoraires d’avocat, détournant ainsi des fonds publics qui pourraient être utilisés pour venir réellement en aide à ces populations en difficultés.

 

Merci de votre attention.

Fonds de solidarité logement, à quand la fin de l’idéologie ?