Merci, monsieur le Président. Mes chers collègues, Médicréa est un leader mondial des biotechnologies qui fabrique notamment des prothèses de colonne vertébrale. Il s’agit d’une société cotée au NASDAQ qui se situait sur la commune de Neyron dans l’Ain et dispose d’un site de production à La Rochelle qui sera relocalisé sur le site de Rillieux la Pape. Cette entreprise a également un important site aux Etats-Unis où elle réalise une grande partie de son chiffre d’affaires (près de 60 %).

Depuis dix ans, son PDG, monsieur Sournac, demandait à pouvoir s’installer sur le terrain qu’il possédait à Vancia afin d’y regrouper toutes ses activités. Depuis dix ans, ce dossier bloquait sur un point essentiel qui est la création de ce rond-point. Depuis dix ans, mes prédécesseurs, par leur inaction ou leur frilosité, on fait comprendre aux investisseurs que ce rond-point ne se ferait pas, qu’ils n’avaient qu’à le financer entièrement.

Médicréa avait donc identifié un terrain aux Etats-Unis et se préparait à quitter la France, comme le font tant d’entreprises. Cette société ne se plaignait pas des charges, des impôts ou de quoi que ce soit, elle ne comprenait pas pourquoi, alors qu’elle consentait à un investissement de plus de 15 M€, les collectivités locales, notamment l’ancien Conseil général, n’étaient pas capables de lui financer un rond-point.

Monsieur le Président, nous touchons ici au mal qui ronge notre pays : certains politiques ont peur de l’entreprise et certains n’aident pas l’entreprise car on leur dit que le privé n’est pas une priorité. Quand je constate les difficultés qu’il a fallu surmonter en dix ans pour convaincre de l’importance d’implanter un pourvoyeur d’emplois et de rentrées fiscales majeures sur le territoire de la Métropole et que je mesure l’engouement que ce projet rencontre dans la population, y compris chez les riverains, je ne peux que constater les syndromes de ce mal français.

Alors oui, aujourd’hui, nous nous réjouissons d’avoir pu maintenir et créer des emplois en France grâce à une dépense, somme toute minime au regard des futures rentrées fiscales et des emplois sur le secteur, mais que d’efforts déployés pour un simple rond-point !

Monsieur le Préfet m’indiquait récemment, en des termes un peu ironiques, “l’immense profondeur de la réflexion administrative” ; il signifiait par cette expression que le politique est là pour impulser des dossiers qui, parfois, nécessitent une exceptionnelle réactivité. C’est parce que nous avons peur que la nouvelle organisation de la Métropole ne permette plus ce genre d’opérations, à la fois urgentes et vitales, que nous vous avions récemment alerté sur le risque de la mise en place d’une organisation parfois trop technocratique à travers le pacte de cohérence métropolitain. Monsieur le Président, ne tombons donc pas dans les travers de l’ancien Conseil général !

Nous voterons évidemment avec enthousiasme ce rapport, en espérant que d’autres interventions de ce type soient toujours possibles à l’avenir car la Métropole doit pouvoir conserver sa spécificité, sa réactivité dans le développement économique.

Je vous remercie.

Favorisons l’implantation de la société Médicréa