Pascal Blache

Pascal BLACHE
Maire de Lyon 6e
Conseiller métropolitain

Monsieur le Président, chers collègues,

Une intervention brève pour un sujet stratégique et néanmoins optimiste. Mon intervention n’a pas pour objectif de contester l’attribution des subventions affectées dans le cadre du réseau Lyon-Ville de l’Entrepreneuriat mais de mettre en perspective la réalité des enjeux de l’entrepreneuriat au sein de nouvelles métropoles.

Nous assistons à une profonde évolution du rôle des agents économiques, notamment dans l’esprit d’entreprendre qui s’est renforcé depuis la crise économique de 2008. Toutes ces mutations font de l’entrepreneuriat un sujet qui dépasse largement l’accueil, l’accompagnement ou les subventions mais fait de chaque personne un entrepreneur potentiel de sa propre vie professionnelle. Toutes les enquêtes montrent que les Français ont le désir de l’intention d’entreprendre et en perçoivent les opportunités dans un monde économique en pleine mutation.

 Mais ce qui pose problème c’est encore le passage à l’acte, et ce pour au moins deux raisons principales.

 Tout d’abord, les normes socioculturelles véhiculent un message qui malheureusement dévalorise le bénéfice social du comportement entrepreneurial. La notion de réussite dans cette démarche est encore trop associée au niveau de formation et de diplôme obtenu alors que de nombreuses réussites entrepreneuriales sont souvent jalonnées d’expérimentations, d’essais ou d’erreurs de parcours.

 L’ensemble des économistes met en avant l’entrepreneuriat comme l’un des plus importants facteurs de croissance économique, de création d’emplois générateurs de recettes fiscales indispensables au développement d’un réseau de petites et moyennes entreprises. Il contribue à la croissance de la productivité, tout le monde le sait, et peut aussi aider à trouver des solutions pratiques aux problèmes sociaux et environnementaux.

Dans ces conditions, comment pouvons-nous faire pour mettre en phase toutes ces conclusions avec la réalité du terrain ? Bien sûr, on attend du niveau national des solutions (assouplir les contraintes administratives et alléger les charges) sur des mesures qui vont dans le bon sens mais à condition d’aller jusqu’au bout de la logique pour libérer l’esprit d’initiative et entreprendre. Ou encore attendre un changement de mentalité des Français mais cela sera long et pas du tout cohérent avec l’urgence de la situation.

Alors, quelle réponse pourrions-nous apporter à cet enjeu majeur pour nos territoires ?

L’ensemble des analyses et la tendance pour les années à venir sont connus. Profitons de la création de la nouvelle Métropole pour orienter notre politique publique dans ce  domaine et en faire un levier au bénéfice des comportements entrepreneuriaux. Tout est là, nous possédons au sein de ce territoire métropolitain, des universités et des écoles reconnues et performantes, pour certaines dans le monde entier, les ressources des Chambres de commerce, des métiers, de l’artisanat, de l’agriculture, de nombreuses initiatives publiques et privées, parfois mal coordonnées, mais qui œuvrent dans ce sens.

Nous avons là un sujet où nous pouvons tous être d’accord et qui ne nécessitera pas de transformation. Alors soyons ambitieux pour l’avenir en apportant une réponse à la hauteur de l’enjeu qui ne peut être que globale et volontariste !

Démontrons que les décideurs politiques au sein de cette nouvelle institution peuvent accompagner ce changement en passant progressivement de la prise en charge à la prise en compte.

Je vous propose une piste : créons une plate-forme opérationnelle de l’entrepreneuriat qui permettra de matérialiser un ensemble ciblé et coordonné, visant à accompagner cette opportunité pour déboucher sur des plans d’actions dont la mise en œuvre pourra bénéficier à l’ensemble des Communes de la Métropole.

Je vous remercie.

(…) Oui, c’est immatériel mais surtout tout existe. C’est surtout rassembler pour mieux agir.

Favorisons l’entrepreneuriat