Philippe Cochet

Philippe COCHET
Député – Maire de Caluire et Cuire
Président du groupe “les Républicains et Apparentés”

Monsieur le Président, je ne pensais pas intervenir sur ce sujet avec la traduction en direct de la qualité du dialogue social tel qu’il vient d’être exprimé ! Alors permettez-moi, monsieur le Président, mes chers collègues, de revenir sur notre dernière séance de Conseil métropolitain qui a été perturbée par un incident de séance provoqué par madame Anne Brugnera, Conseillère déléguée, membre de la Commission permanente et Présidente du groupe Socialiste et apparentés.

Alors qu’elle intervenait pour son groupe, elle a tenté une joute politique en évoquant une supposée attitude de “fonctionnaires bashing” de la part de notre groupe UMP, divers droite (DVD) et apparentés. Ce qui est en train de se passer, apparemment, est totalement différent.

Madame Brugnera nous avait déjà fait beaucoup rire avec sa méconnaissance de la géographie locale, en évoquant les réseaux d’assainissement puis avec ses difficultés de calculs en tentant de justifier une erreur d’inscription budgétaire sur le boulevard périphérique nord de Lyon (BPNL) et voilà maintenant qu’elle se loupe encore dans une tentative malheureuse d’argumentation politique concernant la gestion des ressources humaines.

Mais, finalement, nous avons constaté que l’essentiel n’est pas l’incompétence de madame Brugnera au vu du nombre d’élus de la majorité qui sont venus nous rencontrer pour se désolidariser de ses propos. Même si nous réitérons notre demande d’excuses publiques au nom du respect de l’institution -je vous ferai d’ailleurs remarquer, madame la Conseillère déléguée, que, dans un cas similaire datant de mars 2009, monsieur Jean-Paul Bret s’était fendu d’un courrier auprès de notre groupe pour présenter ses excuses-, l’essentiel concerne d’abord l’organisation de notre collectivité.

J’ai bien lu, monsieur le Président, le courrier que vous m’avez transmis au sujet de cet incident et qui appelle chacun à -je cite- “un déroulement apaisé de nos Conseils” et votre attachement à “l’écoute de tous les groupes politiques”, aux propos “mesurés” et “constructifs”. Bref, j’ai compris que, pour aller plus vite, vous m’avez transmis un copier-coller du courrier adressé à madame Brugnera. Mais passons !

Ce qui me gêne particulièrement dans votre courrier c’est l’indication selon laquelle vous n’avez pas accordé de suspension de séance à notre groupe car vous avez jugé que les propos tenus n’étaient pas de nature à la motiver mais, monsieur le Président, je vous rappelle -et j’en suis désolé- que vous n’avez pas ce pouvoir d’opportunité : la suspension de séance est prononcée de plein droit quand elle est demandée par un Président de groupe. Comme vous le reconnaissez dans votre courrier, maladroitement écrit, vous avez volontairement empêché l’application du règlement intérieur de notre assemblée et vous tentez de le justifier par l’opportunité politique. Cela est grave pour le respect des débats au sein de notre Conseil.

Nous n’engagerons aucune procédure particulière suite à la violation de nos droits mais nous souhaitons, au nom de la démocratie locale, que de tels agissements ne se reproduisent pas.

L’essentiel concerne ensuite le travail au sein de cette assemblée. Monsieur le Président, je vous ai lancé de nombreux appels, certes durs et directs, à réformer votre organisation pour permettre le travail constructif que vous dites souhaiter mais que vous ne mettez pas en œuvre. Pour faire des propositions et participer à l’élaboration des politiques au sein de la Métropole, il faut se battre.

Je reprends l’exemple des dossiers numérotés 2015-0158 à 2015-0161 relatifs aux personnels de la Métropole. Nous sommes conscients de la difficulté de créer une unité de statut dans la nouvelle collectivité territoriale. Nous savons combien les situations collectives et individuelles des agents ne peuvent pas seulement se traiter dans de grands discours ou dans des rapports écrits, aussi bons et pertinents soient-ils. Nous avons analysé la logique d’organisation des ressources humaines au sein des deux collectivités fusionnées, étudié les propositions qui sont celles de l’exécutif et écouté les revendications syndicales. Les élus de notre groupe qui siègent au sein des instances de gestion du personnel ont participé de manière constructive aux réunions de travail. Nous avons consulté les représentants syndicaux. Enfin, notre groupe a sollicité une rencontre avec madame Michèle Vullien, Vice-Présidente, qui nous a reçus accompagnée de monsieur Michel Rousseau, Conseiller délégué aux ressources humaines, accompagnés par les services concernés. Je les remercie d’ailleurs pour cette rencontre qui a permis, dans un climat apaisé et constructif -tel que vous le souhaitez, monsieur le Président-, d’obtenir des éléments d’information et échanger sur nos accords et nos divergences de vue. A l’issue de cette rencontre et après concertation, notre groupe a fait le choix de voter favorablement aux propositions de l’exécutif.

Aussi, afin de ne pas créer un contexte partisan mais montrer la nécessité de travailler en commun au profit des agents, nous avons fait le choix de ne pas intervenir en séance publique pour privilégier les discours au sein des instances représentatives du personnel. Nous avons informé de notre position tant madame Michèle Vullien que votre Cabinet et c’est justement sur ce rapport que la Présidente du groupe Socialiste et apparentés vient s’emmêler les pieds. Pas très courageuse ! Elle a choisi un rapport où elle savait à l’avance que notre groupe n’avait pas choisi de temps de parole.

Que comprendre de ce message que vous nous envoyez, monsieur le Président ? D’un côté, vous écrivez que vous êtes attaché à notre écoute et, d’un autre côté, vous missionnez votre représentante entacher votre discours par des polémiques. Ce qui est encore plus malheureux ce n’est même la perte de crédibilité qu’elle fait porter sur son groupe mais l’image désastreuse que madame Brugnera donne de la représentation politique à nos agents. Sur ces dossiers des ressources humaines, nous leur devons une écoute et des propositions pour définir les accords permettant à la fois une organisation efficiente de notre collectivité et le respect de leurs aspirations légitimes.

Je vous remercie

Dialogue social… rappel au règlement