Monsieur le Président, mes chers collègues, le SDUC est, comme d’autres schémas, une obligation réglementaire dont on peut essayer de tirer profit pour envisager le développement territorial de notre Métropole.

Ce qui intéresse tout particulièrement les élus des territoires, c’est évidemment de comprendre comment ce schéma va les aider à développer le commerce dans leur Commune ou à maintenir l’activité commerciale quand celle-ci connaît des difficultés.

Ces attentes sont d’autant plus fortes pour les années à venir que la situation du commerce sur notre territoire témoigne de l’existence de difficultés actuelles ou à venir. Si les résultats en volume de chiffre d’affaires de
7,2 milliards d’euros en 2015 sont le fruit d’une attractivité certes manifeste de la Métropole, à comparer avec ses concurrentes nationales voire européennes, en particulier pour l’hypercentre, ils semblent principalement portés
par les nouveaux centres commerciaux. “tout beaux, tout neufs” comme on dit. Ils ont concentré les résultats plus
qu’ils n’ont joué le rôle de véritables locomotives du commerce d’agglomération.

Les dynamiques macro-économiques marquent le pas et sont moins favorables que sur la période du SDUC précédent. Les implantations sont moins dynamiques depuis deux ans. Le paysage commercial en mutation permanente oblige à envisager à la fois le long terme et une adaptation constante aux marchés et aux modes de consommations changeants.

Il n’est qu’à lire les résultats commerciaux pour Confluence, énoncés récemment dans la presse, sur le bilan 2016 et les perspectives 2017 vont voir le décalage entre la bonne tenue affichée de la vie commerciale qui s’y développe alors que la morosité et les difficultés persistent, hélas, dans les plus petites zones de commerce en manque de renouvellement ou connaissant des vacances de locaux pénalisantes.

Quid justement de la vacance commerciale ? Il est étonnant d’entendre que le SDUC ne prévoit pas un tel suivi alors que l’on sait que la présence d’espaces vides est aussi un frein à l’attractivité. Pour favoriser l’implantation, il est nécessaire de connaître à la fois la demande -ce qui est fait par l’étude de consommation des ménages- et cibler une offre bien adaptée qui permette d’assurer la pérennité du commerce.

En effet, d’après le bilan, si l’attractivité du commerce de proximité en périphérie et la diversité de son offre sont maintenues, rien n’apparaît toutefois sur les éléments financiers et les perspectives d’évolution du chiffre d’affaires de ce commerce, au demeurant essentiel à la vie de nos Communes, de nos quartiers et au soutien de l’emploi local.

Cela pose la question de l’impact de la création des pôles phares sur l’existant, en particulier sur le commerce de proximité, de centre-ville et sur l’évolution du commerce de détail dans les villes moyennes. On a bien entendu le premier Vice-Président dire que ces pôles ont tous eu l’aval de la commission départementale d’aménagement commercial. Mais ce n’est pas au niveau de la procédure que les élus s’inquiètent. Ce qui est important, c’est de comprendre l’équilibre que vous souhaitez créer sur le territoire de la Métropole et, là, le schéma ne présente pas les mesures propres à nous le faire comprendre. On dépasse ici la vision du seul aménagement commercial pour définir plus globalement l’aménagement urbain. La présence de services, d’équipements structurants, le transport collectif dans nos territoires sont les outils pour conforter le commerce et le développer et là, la Métropole a un rôle majeur à jouer. Mais là encore le schéma ne présente pas d’engagement.

Tous les centres-villes, tous les pôles de commerce de périphérie, toutes les Communes cherchent des soutiens de la Métropole en termes de voirie, de transports, d’accompagnement à l’installation d’enseignes, que ce soit via les outils réglementaires (PLU -futur PLU-H-, autorisations d’implantation, préemption commerciale, par exemple) ou via l’aide au financement de politiques d’animation de commerce (création de postes de managers de centre- ville, par exemple). Les initiatives locales ont besoin de leviers, de moyens pour s’inscrire dans la durée et anticiper les modes d’achat, les projets de territoire au plus près des clients et acheteurs potentiels.

Je terminerai par les objectifs de développement de chiffre d’affaires envisagés dans le SDUC 2017-2020. Le potentiel de consommation attendu en 2020 est de 8,3 milliards d’euros contre 7,3 entre 2009 et 2015, soit un milliard de plus en cinq ans ; mais sur un SDUC 2017-2020 cela ne fait désormais plus que quatre ans pour atteindre la cible. On note une estimation du potentiel de surfaces commerciales nouvelles entre 50 000 à
80 000 mètres carrés, soit une réduction de 60 % par rapport à la période passée. La prudence tient au contexte qui s’est dégradé et les résultats économiques mitigés de certains lieux. Cela démontre une ambition mesurée
que l’on pourrait partager, sauf que vous indiquez déjà que, pour 35 000 mètres carrés, il s’agit de coups partis.
Donc, pour les autres Communes, c’est “circulez, il n’y a plus de place !”.

On peut donc craindre, dans le premier cas, un creux de vague rapide et très préoccupant ou, dans le second cas, une progression lente voire insuffisante pour tirer la locomotive et entraîner l’ensemble de l’agglomération. Dans les deux cas, le ciblage, le calibrage et l’atterrissage des projets seront un casse-tête pour la Métropole comme pour les investisseurs.

Ajoutez à cela les modifications des comportements d’achat et de modes de consommation, une incertitude sérieuse persiste dans les clés de succès de ce SDUC. Les investisseurs risquent de manquer à l’appel ou de développer des stratégies hors zone de la Métropole.

Il faudra une réelle énergie, une écoute des besoins et un portage des enjeux des territoires pour maîtriser l’ensemble et convaincre, sans oublier les Communes et leurs commerces de proximité et les centres-villes qui comptent évidemment sur votre soutien.

Dans ce contexte, notre groupe s’abstiendra sur ce rapport. Je vous remercie.

Développement commercial