Je crois que nous, on n’aura pas de semelles de plomb. Monsieur le Président, vous nous proposez de voter une “rallonge” budgétaire pour poursuivre le financement de l’opération immobilière concernant une réserve foncière connue comme le siège du Progrès à Chassieu.

 

La Métropole aujourd’hui, comme la Communauté urbaine hier, est dans son rôle d’aménageur et d’accompagnement des entreprises de son territoire. Ce n’est donc pas sur l’opportunité de l’opération que nous souhaitons réagir mais plutôt sur la manière dont vous avez géré ce dossier. Or, ici, on peut sans exagérer parler d’un fiasco et voir que l’argent du contribuable a été gaspillé.

 

En effet, le 30 janvier 2006, le Bureau de la COURLY autorisait l’achat des murs du siège du Progrès pour 5 M€. A l’époque, l’opération était présentée comme une opportunité pour la collectivité d’acheter une réserve foncière qu’elle pourrait valoriser ensuite auprès d’autres acteurs privés. Malheureusement, ces acteurs n’existaient pas ; il a donc fallu assurer l’entretien de cette nouvelle propriété. Entre 2006 et 2012, les frais de portage (gardiennage, taxes, consommation de fluides) ont été évalués à 1 700 000 €.

 

En septembre 2012, pour trouver une solution à cet achat plutôt encombrant, vous avez décidé la démolition pour une estimation à 3 650 000 €.

 

Début 2015, les travaux commencent puis s’arrêtent car on découvre de l’amiante, non identifiée lors de l’élaboration du plan de retrait. Là, monsieur le Président, c’est le sort qui s’acharne. On comprend bien que les manquements sur l’étude ne sont pas du fait de la Métropole et les services nous ont confirmé qu’il y a actuellement une recherche en responsabilité des auteurs des prélèvements.

 

Mais pendant ce temps, et donc depuis 2012, la Métropole paie un portage annuel évalué à 360 000 € et le compteur du coût de cette opération n’a pas fini de tourner. On dépasse les 12 M€ -je crois avoir entendu 13 M€ là derrière- pour cette seule opération. Qu’est-ce qu’on est allé faire dans cette galère ?

 

Monsieur le Président, vous qui aimez vous faire prendre en photo aux côtés des acteurs économiques, parfois, il serait bon de leur demander leur avis car si aucun acteur privé n’avait, à l’époque, fait le choix d’investir, c’est peut-être qu’il y avait un flou. Si on prend le problème à l’envers et que l’on constate que, finalement, après un passage par la rue Servient à Lyon entre 2001 et 2007, le siège du Progrès s’est retrouvé dans une belle vitrine à Confluence ; on peut s’interroger sur la finalité réelle de l’opération.

 

Au moment même où monsieur Brumm tente de nous expliquer combien il est dur de trouver des marges de manœuvre financières, on lui conseillera de commencer d’abord par évaluer la gestion de son Président. Mais cela, il nous a déjà répondu en commission, son droit de regard s’arrête là où le fait du prince commence.

 

Pour toutes ces raisons, nous voterons contre ce rapport. Merci.

 

Déconstruction de l’ancien siège du Progrès de Chassieu, un investissement ruineux