Stéphane Guilland

Stéphane GUILLAND
Conseiller municipal de Lyon 8e
Conseiller métropolitain

Monsieur le Président et chers collègues, la Biennale de la danse, comme le Festival Lumière, objets de ces deux rapports, sont deux manifestations qui présentent de nombreuses similitudes.

Ce sont aujourd’hui sans conteste deux événements majeurs de la vie culturelle de notre agglomération. Ils participent de façon indéniable, l’un comme l’autre, au rayonnement international de Lyon et du Grand Lyon. A ce titre, le groupe Union pour un mouvement populaire (UMP), divers droite et apparentés se félicite du soutien que le Grand Lyon dans son ensemble leur renouvelle aujourd’hui. Autre de leurs points communs, ce sont deux manifestations nées du travail d’acteurs culturels reconnus ; je parle bien évidemment de la Maison de la danse, d’une part, et de l’Institut Lumière, d’autre part.

Au-delà du soutien que nous apportons aujourd’hui à la Biennale de la danse et au Festival Lumière, ces rapports sont l’occasion de s’interroger sur les moyens donnés à l’Institut Lumière comme à la Maison de la danse de poursuivre leur développement et de prendre une part plus grande encore dans le rayonnement culturel national et international de Lyon.

Pour la Maison de la danse comme pour l’Institut Lumière, la poursuite de ce développement passera nécessairement -je ne vous l’apprends pas- par une restructuration de leurs locaux. Si je dis que je ne vous l’apprends pas, monsieur le Président, c’est que le projet d’agrandissement des locaux de l’Institut Lumière figurait dans vos promesses de campagne de 2008 et la construction d’une nouvelle Maison de la danse dans le quartier de Confluence dans celles de 2014.

Nous vous savons aujourd’hui en pleine réflexion sur les programmations pluriannuelles des investissements (PPI) de Lyon et du  Grand Lyon. Vous nous avez annoncé que les contraintes budgétaires nées de la naissance de la Métropole, d’une part, et d’un contexte économique compliqué, d’autre part, vous contraindront à réduire quasiment de moitié l’investissement du Grand Lyon sur le mandat qui commence.

Ces contraintes financières ne sont pas sans conséquences sur les choix qui s’offrent à vous dans le cadre de la future PPI. Le premier d’entre eux, monsieur le Président, sera d’abandonner votre projet de construction d’une nouvelle Maison de la danse à Confluence et vous l’abandonnerez pour deux raisons : la première est que ce projet va à l’encontre de l’équilibre des territoires, équilibre si cher à vos yeux ; la deuxième est que ce projet, annoncé au-delà de 100 M€, n’est pas financièrement raisonnable dans le contexte actuel.

Une fois cet abandon acté, deux possibilités s’offriront à vous : faire comme pour l’agrandissement de l’Institut Lumière en 2008… enterrer le projet en attendant des jours meilleurs ou -et c’est notre souhait- revenir à plus de pragmatisme.

Nous appelons de nos vœux le projet non moins ambitieux, plus  respectueux des équilibres territoriaux et plus économe des deniers publics que constituerait la rénovation et l’agrandissement de l’actuelle Maison de la danse, celui-ci permettant à la Maison de la danse et à la Biennale de poursuivre sereinement leur développement.

Une approche plus pragmatique de ces grands équipements vous permettra également de ressortir des cartons le projet d’agrandissement de l’Institut Lumière qui, lui non plus, ne peut se permettre d’attendre davantage. Ces deux projets réalistes  donneraient à ces deux structures les moyens de leurs ambitions.

Ne valent-ils pas mieux que votre projet somptuaire de la Maison de la danse à Confluence ?

Nous le pensons, la décision vous appartient. Pour être totalement exact, la décision appartient au Maire de Lyon.

Il n’aura échappé à personne que le Grand Lyon ne possède pas aujourd’hui la compétence “grands équipements” et n’est donc aujourd’hui concerné directement ni par la Maison de la danse ni par l’Institut Lumière. Pour autant, aborder le sujet aujourd’hui dans cette enceinte n’est ni inutile ni hors sujet.

A moins de six mois de la mise en place de la future Métropole, aurons-nous un jour un débat sur ses compétences ? Le Grand Lyon avait pris en son temps, lors du mandat 2001-2008, la compétence “grands événements” dans laquelle s’inscrivent les deux délibérations qui nous sont soumises. Ne faudrait-il pas aujourd’hui aborder de la même façon la question de la compétence sur les grands équipements d’agglomération qui concourent à l’attractivité de la ville-centre bien entendu mais aussi à celle des villes périphériques et de la future Métropole toute entière ?

Cette question se pose pour les grands équipements culturels, dont la Maison de la danse et l’Institut Lumière, auxquels il faudrait ajouter l’Opéra, les musées, certains théâtres et également d’autres grands équipements, sportifs par exemple. Ce débat sur la  compétence en matière de grands équipements culturels et sportifs, vous l’avez éludé pendant vos deux premiers mandats, faute de consensus au sein de votre majorité hétéroclite. Le consensus ne doit pas exister aujourd’hui, malheureusement, le passage à la Métropole vous impose ce débat.

Nous n’imaginons pas aujourd’hui que vous puissiez mettre la Métropole sur les rails en faisant l’impasse sur un débat sur la répartition de ces compétences entre les Communes et la future Métropole.

Je vous remercie.

Grands équipements culturels et Métropole