Nous interviendrons à deux voix sur ce dossier, monsieur Rabehi me succédera.

Guy Barret

Guy BARRET
Maire de La Mulatière
Conseiller métropolitain

Monsieur le Président, chers collègues, nous délibérons sur une série de rapports qui concernent les subventions du Grand Lyon à plusieurs dispositifs et associations dont l’objectif est, selon les cas, de favoriser l’insertion et l’emploi par des formations, la levée de frein à la mobilité, l’accompagnement à la création
d’entreprises. Le soutien de la Communauté urbaine à ces actions depuis des années est très important pour ces dispositifs et les personnes concernées, surtout en cette période de grande difficulté économique et de chômage.

Il se trouve que ces projets et ces aides sont particulièrement ciblés dans les quartiers en contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) et se pose dès lors la question de l’orientation des crédits face à la refonte des zones prioritaires. Que va-t-il en être à l’avenir pour les Communes qui ont été sorties de cette géographie prioritaire, non seulement pour l’aide aux projets d’insertion par l’emploi mais aussi pour l’ensemble des actions qui participent à la politique de la ville ?

Le 25 août dernier, je vous adressais un courrier pour vous faire part des inquiétudes de la Commune de La Mulatière, inquiétudes partagées par un certain nombre de Communes de l’agglomération exclues elles aussi de la géographie prioritaire.

Je vous rappelais que, par une lettre datée du 16 juin 2014, madame Najat Vallaud-Belkacem, alors Ministre des Droits des femmes, de la Ville et de la Jeunesse et des Sports, nous signifiait qu’au regard des nouveaux critères retenus, La Mulatière, comme d’autres Communes, sera désormais exclue de la nouvelle
géographie prioritaire et pourrait être placée en territoire de “veille active”.

Les élus concernés ne peuvent que regretter fortement cette décision car la politique de la ville mise en place depuis plusieurs années dans ces communes a largement contribué à maintenir des équilibres de plus en plus fragiles. Malgré ce changement de classification, les élus locaux seront toujours confrontés aux
difficultés croissantes des habitants des quartiers concernés.

Au-delà d’un soutien financier, c’est tout un processus partenarial qui est enrayé. La labellisation “politique de la ville” a toujours impulsé une forte dynamique au niveau local, intercommunal et de l’ensemble de l’agglomération.

Cette décision suscite un certain nombre d’inquiétudes et d’interrogations : la Métropole maintiendra‑t‑elle le même niveau de
partenariat sur les actions actuelles, le soutien aux projets de rénovation urbaine (spécialement dans le cadre des ANRU isolés), les cofinancements de chefs de projets ? Qu’impliquent la notion de “veille active” et le concept de “contrat de veille et droit commun” ?

Nous sommes conscients que certaines réponses à ces interrogations relèvent de l’Etat mais que d’autres sont du ressort de la collectivité territoriale  d’agglomération. La loi relative à la mise en place de la Métropole prévoit que la politique de la ville restera une compétence intercommunale.

Cette intervention, comme celle que j’avais faite au Conseil de juin ou de juillet au sujet des balmes, fait appel à la notion de solidarité de la Métropole envers les Communes, en particulier les plus fragiles sociologiquement. Plus que jamais en ces temps difficiles, si la solidarité n’est pas obligatoire, elle est indispensable
pour donner tout son sens au concept de Métropole.

Nous émettrons un vote favorable pour ces rapports et je passe la parole à mon collègue Mohamed Rabehi.

 

Contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) : quelle solidarité de la Métropole ?