Mohamed Rabehi

Mohamed RABEHI
1er adjoint au maire de Décines-Charpieu
Conseiller métropolitain

Monsieur le Président, chers collègues, effectivement, comme cela a été signalé, notre groupe votera pour l’ensemble des délibérations visant l’attribution de subventions à différents organismes, acteurs de l’accompagnement des demandeurs d’emploi de l’agglomération, et tout particulièrement ceux des quartiers classés en zone dite “CUCS”.

Toutefois, nous souhaitons avoir des précisions sur les missions attendues par ces organismes de développement économique par l’aide sociale et sur leur champ d’action territoriale.

L’année 2014 a été marquée par une nouvelle liste de ces quartiers prioritaires, annoncée prudemment après les élections municipales. Elle comprend 1 300 quartiers dans 700 communes au lieu de 2 500 quartiers dans 900 communes. L’identification des nouveaux quartiers prioritaires se base sur le critère unique de la pauvreté, c’est-à-dire la concentration des populations ayant des ressources inférieures à 60 % du revenu médian de référence. Ainsi, 300 villes perdent la classification de quartiers relevant de la politique de la ville et, par conséquent, le bénéfice des aides de l’Etat.

Si je prends l’exemple de la Commune de Décines-Charpieu dont on vient de parler, elle ne conserve plus qu’un seul quartier en CUCS sur les cinq identifiés auparavant. Les autres pourront être pris en compte dans les quartiers de veille avec un accompagnement dans le droit commun, c’est-à-dire dans le cadre
des actions du Pôle emploi ; sauf qu’à Décines-Charpieu, nous n’avons pas d’agence Pôle emploi et il est même question que le Pôle emploi récupère la personne détachée à la Mission locale de Décines-Charpieu. Il s’agit là d’un véritable désengagement de l’Etat qui va à l’encontre de sa volonté de résorber le chômage. Nous en arrivons donc à des aberrations de ce type et les Communes doivent faire face seules, avec des structures locales comme les PLIES, pour la mise en oeuvre d’actions en faveur des demandeurs d’emploi.

Cette évolution de la politique de l’Etat, liée non pas vraiment à une recherche d’efficacité mais à un besoin de limiter les dépenses sociales, pose la question des orientations que vous allez prendre pour la Métropole. Les rapports qui nous sont présentés sont identiques à ceux des années précédentes et
nous proposent très prudemment des reconductions à l’identique, sans réflexion sur l’intégration de ces organismes dans une vision globale de développement économique.

Permettez-moi de vous demander, monsieur le Président, quelle sera la prise en compte par la Métropole de la refonte des zones prioritaires, et tout  particulièrement sur ces quartiers dits “en veille”. Cette prise en compte est-elle effective dans le contrat de ville d’agglomération ou la Métropole va‑t‑elle aussi abandonner des quartiers comme l’a fait l’Etat ? Car, comme l’Etat, nos budgets ne sont pas extensibles et, après les dépenses d’avant campagne électorale, nous avons bien compris que vous allez nous imposer une période de disette budgétaire.

Aussi, au-delà de la réforme de la politique d’aide sur laquelle je vous interroge, nous nous inquiétons sur les critères de la future Métropole pour décider des orientations de crédits pour ces associations. J’en veux pour preuve le dossier numéro 2014‑0275 dont la délibération parle d’une étude pour la création d’une antenne de l’Ecole de la deuxième chance. C’est bien inscrit dans la délibération pour allécher les élus des Communes qui ne sont pas concernés et qui pourraient y voir une opportunité de travail sur le territoire. Mais, quand on interroge en commission le Vice-Président David Kimelfeld en charge de ces questions, il a vite fait de doucher nos attentes par une réponse d’ailleurs assez surprenante : la Ville de Lyon ne souhaite pas payer plus, donc le Grand Lyon ne le souhaite pas non plus ! La conséquence est on ne peut plus claire : seules les villes de gauche qui ont déjà ce service en bénéficieront,  c’est-à-dire Lyon, Vaulx-en-Velin, Vénissieux et Bron ; les autres villes n’y auront pas accès.

C’est à se demander si, pour vous, le chômeur ne serait pas assimilable à la couleur politique de l’équipe municipale !

Contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) : évolutions et quartiers de veille