Alexandre Vincendet

Alexandre Vincendet
Maire de Rillieux-la-Pape
Conseiller métropolitain

Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

Le Groupe des Républicains a pris acte du projet de pacte de cohérence métropolitain. S’agissant d’une première, nous avons souhaité nous inscrire dans un esprit constructif et participatif. Compte tenu du poids politique que nous représentons, il apparaissait important d’agir en toute responsabilité.

Nous avons bien noté que vous souhaitiez commencer par le débat sur les compétences. Sur ce point, vous pouvez compter sur le groupe des Républicains pour apporter sa pierre à l’édifice, nous participerons donc activement aux groupes de travail afin d’amener nos valeurs autour de la table.

Le projet de pacte se veut un texte négocié, contractuel, définissant les relations entre les communes et la Métropole pour la durée du mandat. Notre groupe souhaite que soient réaffirmés plusieurs principes qui nous sont chers et que je vais développer : la subsidiarité, la différenciation, l’équité et le rôle des Maires.

Ces principes sont liés et je commencerai par la subsidiarité qui est celui qui est pour moi le plus complexe et le moins bien analysé, y compris au plus haut niveau de l’Etat.

La subsidiarité, principe fédéraliste et européen par excellence peut, selon une philosophe bien connue sur Lyon avoir un aspect négatif qu’il faut absolument limiter : l’autorité en général et la métropole en particulier ne doivent pas empêcher les communes de conduire leurs actions propres, c’est-à-dire de déployer autant que possible leurs énergies, leur imagination, leur persévérance dans les œuvres par lesquelles elles se réalisent au profit de l’intérêt général.

Au contraire, toujours selon Chantal Delsol, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, chaque autorité a pour mission d’inciter, de soutenir, et en dernier lieu de suppléer, s’il le faut, les acteurs insuffisants.

Cette définition nous convient parfaitement et mériterait d’être intégrée dans les principes du Pacte : nous souhaitons une métropole qui n’empêche pas, qui ne bride pas la créativité des acteurs locaux mais qui permet, aussi d’accompagner les projets et parfois, oui, il faut le dire, de suppléer les communes qui en ont besoin.

Car cette notion de subsidiarité n’a de sens dans notre métropole que si elle est couplée à deux autres notions : la première, qui n’apparait à notre goût pas suffisamment, c’est la différenciation entre les communes. Toutes les communes n’ont pas les mêmes caractéristiques, les mêmes besoins.

En lisant votre projet, on a l’impression que « les communes » sont toutes identiques et qu’elles se ressemblent au point de faire des choix quasi identiques. L’an dernier, nous avons voté l’intégration de la commune de Quincieux, dont je salue le Maire au passage et je ne suis pas certain que les attentes vis-à-vis de la Métropole soient les mêmes que les miennes ou que celles du Maire de Lyon.

Cela m’amène à la deuxième notion que notre groupe souhaiterait voir  davantage apparaitre dans un tel document. Il s’agit de la notion d’équité. Plus que d’égalité entre chaque commune, ce qui aurait un sens si nous étions tous identiques, c’est le principe d’équité qui doit prévaloir dans les relations entre les communes, les conférences territoriales et la Métropole. L’équité, c’est en faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin, c’est une « juste mesure » qui permet de rendre acceptable une forme d’inégalité lorsque l’égalité n’est pas acceptable.

Je sais bien qu’il ne faut pas parler de politique nationale ici, mais l’équité, c’est le fait que vous trouviez tous normal que certaines écoles disposent de plus de moyens que d’autres parce qu’elles sont dans des zones défavorisées, c’est le fait que chacun – ou presque – trouvait naturel que les parcours puissent être différenciés au collège pour faire en sorte que des parcours d’excellence existent…

Le traitement des communes vis-à-vis de la Métropole doit également se faire en fonction de ce principe, qui mériterait d’être pleinement reconnu dans le Pacte.

J’en viens au dernier point, que mes collègues ne manqueront pas de soulever également et qui est le rôle des Maires dans les rapports avec la Métropole. Nous ne sommes pas certains que les conférences territoriales leur donnent une place suffisante alors qu’ils sont, vous le savez bien, les élus de proximité, ancrés sur leurs territoires et capables, de soutenir une organisation qui ne soit pas que descendante mais également ascendante.

Cette proximité, c’est ce qui donne aux Maires une certaine crédibilité et une réactivité que la Métropole n’a pas toujours. Nous sommes d’ailleurs très souvent sollicités par des habitants qui nous interpellent sur des problèmes locaux dont la compétence est du ressort de la Métropole, ce qui montre bien que cette quête de crédibilité n’est pas un vain mot.

Le Pacte métropolitain doit donc être clair sur le sujet et s’appuyer sur la visibilité des maires et ne pas supprimer ce lien avec les habitants en rognant nos marges de manœuvre.

Les Maires sont les garants de la subsidiarité et de l’équité : le Pacte que nous construisons ne doit pas les ignorer, il en va de la légitimité de notre Métropole, composée de territoires différents mais solidaires. Nous avons envie d’aller de l’avant, nous avons envie de construire avec vous et je ne peux qu’espérer que vous allez nous laisser cette possibilité.

 

Alexandre Vincendet
Maire de Rillieux-la-Pape

Conférence métropolitaine : intervention du Maire de Rillieux-la-Pape