Merci, monsieur le Président. Mes chers collègues, la définition d’un compte administratif, c’est de rapprocher les prévisions ou autorisations inscrites au budget des réalisations effectives.

Je suis assez étonné de déclarations un peu schizophrènes d’un certain nombre de personnes qui viennent de s’exprimer. En effet, des personnes ici ont voté pour monsieur Macron et, en même temps, ils critiquent ses décisions. Je note également l’interpellation de la responsable du groupe Socialiste qui est maintenant députée LREM. Comprenne qui voudra !

Et, dans ce contexte politique national et local particulier, nous avons pu constater l’élection d’un nouveau Président de la République et de sa majorité qui donne un cap à la France et promet des réformes.

Si on ne les connaît pas toujours avec précision, on a cru entrevoir les tendances : baisse des dépenses, réforme de la taxe d’habitation, augmentation des compétences des Métropoles, regroupement des Communes, baisse du nombre d’élus locaux. D’ailleurs, sur ce dernier point, permettez-moi de citer Emmanuel Macron : “On doit engager une réduction de leur nombre comme on a déjà décidé d’une réduction du nombre de Parlementaires. Nos concitoyens ne comprendraient pas ce traitement différencié”. Je laisse notre nouveau 1er Vice-Président nous donner son interprétation de cet engagement pour la Métropole de Lyon et son incidence sur la représentativité des Communes membres.

Pour ce qui est du niveau local, pour la première fois, nous avons une photographie de ce qu’est la Métropole de Lyon en chiffres. D’ailleurs, cela nous dit ce que n’a pas fait la Métropole. Elle n’a pas réussi à créer les conditions d’un regroupement des institutions moins coûteux. Cela est dommageable car, au-delà du fait que cet argument avait été utilisé sans avoir été étudié, c’est surtout que cet échec fait peser un doute sur les futurs regroupements de collectivités, au moment même où la France a un besoin immédiat de réformes structurelles.

Les dépenses de fonctionnement continuent inexorablement leur augmentation malgré un effort sur les charges à caractère général. Bien entendu, il convient de prendre en compte la dépense exceptionnelle concernant les charges financières. Pour autant, si on s’attache à regarder plus précisément, on constate que les dépenses ne sont pas contenues, que ce soient les dépenses de personnel ou les dépenses sociales.

Cette augmentation des dépenses de fonctionnement nous interroge d’autant plus que, depuis deux ans, nous entendons le Vice-Président aux Finances parler des résultats à venir du plan d’économies dit “marges de manœuvre”. Or, si l’on comprend bien ce plan, il s’agissait de baisser les dépenses de fonctionnement pour augmenter la dépense d’investissement. Vous n’avez atteint aucun de ces résultats. Dans ce domaine, on ne peut que constater un échec qui nous inquiète pour les années à venir.

Cette année, vous mettez en avant le chiffre brut des dépenses d’investissement qui montre une dépense de 610 M€ contre 587 M€ en 2015. Mais il faut présenter les chiffres avec transparence : les dépenses d’ordre, c’est- à-dire les écritures comptables, sont à l’origine de cette augmentation. Derrière l’écriture comptable, la réalité est différente : il y a eu moins de travaux dans nos communes. Il y a eu moins de rénovations de voiries. Il y a eu moins d’aides dans les collèges. L’aménagement des grands quartiers a été limité. Il y a eu moins pour les entreprises et l’enseignement supérieur. Il y a même eu moins pour le SYTRAL, donc moins pour le développement des transports en commun, ce qui est paradoxal avec votre souhait de supprimer la part de la voiture en ville ; ainsi, depuis 2015, ce sont 3 % de baisse par an soit, en cumulé entre 2015 et 2020, quelque 64 M€ en moins pour le SYTRAL. Cet échec de vérifie donc par les chiffres.

On peut constater la baisse de l’excédent de fonctionnement car les dépenses augmentent, comme nous l’avons dit. Dans le même temps, l’excédent de fonctionnement n’est possible que par les reports de 2015. L’épargne brute a fondu à cause du paiement des pénalités de la dette et tout cela dans un contexte de ralentissement de l’efficacité de la Métropole dont le taux de réalisation des dépenses d’investissement est incroyablement bas pour une collectivité de notre taille. C’est l’effet de ciseaux qui se confirme pour la deuxième année consécutive.

Monsieur le Président, les voyants clignotent et notre chance est d’être dans un contexte économique favorable, on le constate par l’évolution positive des bases fiscales. Mais financer l’expansion du train de vie de la Métropole par l’impôt sera plus difficile l’année prochaine quand nous aurons perdu la dynamique de la taxe d’habitation et qu’après la ponction Hollande de 11 milliards d’euros que nous venons de subir, nous aurons à endurer notre part de ponction Macron : je parle là des 13 milliards d’économies décidées par le Président de la République.

C’est donc le moment de procéder à des réformes audacieuses sur notre structure administrative et notre conception du service public. Nous aurions aimé vous accompagner dans ce travail car nous sommes prêts à participer à la décision politique quand elle sous-tend l’intérêt général. Nous ne pouvons que regretter votre refus de travailler avec l’ensemble des forces politiques de cette assemblée, marqué par votre opposition à une composition pluraliste de la Commission permanente.

Nous voterons contre ce compte administratif. Je vous remercie.

Compte administratif 2016