Monsieur le Président, chers collègues, tout d’abord, pour commencer, s’étonner de la plus que faible participation de cette Commission générale, même si j’imagine qu’un certain nombre de personnes l’ont prise pour ce qu’elle était peut-être, à savoir plus un coup ou un temps médiatique sur le sujet qu’un réel temps d’échanges sur ces sujets. Tout d’abord, sur ce sujet, vous savez à quel point celui-ci m’est important. Pourquoi il est important ? Peut-être parce que tout le monde ne le sait pas, mais j’ai été responsable des études à ATMO Auvergne Rhône-Alpes et donc, tous les éléments techniques utilisés aujourd’hui à la Métropole ont été mis en place au temps où j’œuvrais dans cette association. Ce sujet de la pollution atmosphérique est particulièrement important à mes yeux et il est normal que l’on s’y attache. Néanmoins, je ne pouvais pas commencer ce temps de parole, et j’avais écrit quelque chose mais comme il n’y a personne, je vais le faire plutôt à la volée et être plus libre de mes paroles, pour remercier Monsieur Millet. Monsieur Millet qui, quand même, malgré parfois des excès politiques ou en tout cas de classe, aborde des points techniques précis. Oui, la qualité de l’air s’améliore et s’améliore nettement, mais nous partons de loin, de très loin. Je voulais vous rappeler que tout a commencé sur ce point de la qualité de l’air, un 5 décembre 1952 à Londres. Ce jour-là, les gens mouraient. Pour le coup, ils mouraient vraiment parce que ce jour de brouillard particulier, le dioxyde de soufre et les oxydes d’azote se sont accumulés ensemble et ont créé un nuage d’acide sulfurique. Il y a effectivement eu beaucoup de morts. À l’époque, 12 000 morts de cet épisode de pollution ont été dénombrés. C’était une vraie catastrophe. Cela a été un moment particulièrement sensible et nous nous sommes attachés finalement à dire que cette pollution atmosphérique n’était pas un simple problème visuel, mais qu’il pouvait y avoir des conséquences sur la santé et il y en avait à l’époque. Rapidement, Lyon s’est inquiété sur ces sujets. Dès les années 1961, au début de la zone industrielle du sud de Lyon, il y avait des émissions atmosphériques fortes de dioxyde de soufre justement et nous avions aussi à l’époque (je dis “nous”, mais je n’étais pas né), de nombreux épisodes de brouillard massif liés à des émissions particulaires qui fixent l’eau et créent le brouillard. Comme les particules sont beaucoup moins nombreuses aujourd’hui, il y a moins de brouillard. La pollution au soufre de la Ville de Lyon a été surveillée dès 1961. Rapidement, en 1975, il y a eu un 2ème réseau des industriels qui a surveillé. Puis, est arrivé un 3ème réseau, EDF Loire sur Rhône, qui émettait beaucoup de particules et de dioxyde de soufre. Pourquoi ? Du fait de l’utilisation du charbon qui était extrêmement polluant. Des mesures de réduction des émissions polluantes pour tous les secteurs, tous les industriels ont rapidement été mises en place au niveau de l’État., Les producteurs de véhicules automobiles en sortant petit à petit les normes Euro 2, Euro 3, Euro 4 et ainsi de suite,  ont permis la réduction de leurs émissions polluantes. Au niveau des industriels, en leur disant que lorsque les conditions ne sont pas bonnes, ils ne devaient plus utiliser de soufre. Il existait donc des procédures pour moins polluer. Finalement, nous avons moins pollué tout le temps et petit à petit, les industriels, sous la pression de l’État et des réglementations, ont limité leurs émissions. Il en est de même sur les véhicules et sur les normes. Petit à petit, nous avons réduit massivement, pas à Lyon, à l’échelle de la France et à l’échelle européenne, les émissions polluantes et mécaniquement, les immissions, ce que l’on respire. Cela est très bien et aujourd’hui, nous arrivons à une très bonne qualité de l’air moyenne.
Vous allez me dire qu’il y a de plus en plus de pics de pollution. Monsieur le Maire de la Tour de Salvagny l’a rappelé. Forcément, les normes sont réduites. Auparavant, pour les particules, il fallait 120 microgrammes par mètre cube pendant toute une journée. Ensuite, il fallait 120 microgrammes par mètre cube sur 8 heures seulement, puis sur 4 heures et enfin, sur une heure. Puis, cela est passé à 80 microgrammes par mètre cube, puis à 40. Les normes descendent, donc même si la qualité de l’air s’améliore, le nombre de pics de pollution augmente. Mais cela n’est pas une raison pour ne rien faire et ce sur quoi nous travaillons, parce qu’effectivement, les gens ne meurent plus dans la rue à cause de la pollution atmosphérique, nous sommes bien d’accord Monsieur Millet, c’est que nous devons avoir la qualité de l’air pour la protection de la santé à long terme. C’est cela l’enjeu que nous rappelle à loisir monsieur Philip. C’est bien la protection de la santé à long terme, les maladies chroniques, qui nous posent encore un souci. À partir de cela, (je suis désolé, cela a été un peu long, mais c’est important de le rappeler comme j’ai beaucoup de temps de parole) c’est comment travailler pour réduire cette pollution chronique de fond, mesurée de façon régulière grâce à des capteurs judicieusement placés ? Parce que la qualité de l’air ne se mesure pas de la même façon partout. Parfois, c’est le long d’une route et parfois dans un milieu neutre, ce qu’on appelle un capteur de fond, comme le capteur situé devant la Métropole, en haut de la rampe. Là aussi, avant lorsqu’un épisode de pollution était déclenché, il fallait plusieurs capteurs. Il en fallait au moins trois cohérents, puis deux et un. Donc, maintenant, le déclenchement se fait très facilement. Il faut bien en avoir conscience. Il peut même se faire sur des capteurs de proximité le long d’une route qui a des pollutions. Donc, dès que les conditions ne sont pas bonnes, un épisode est déclenché. Cette qualité de l’air s’améliore mécaniquement sans que la Métropole ne fasse rien finalement. Il est quand même de notre rôle de continuer à travailler sur ces sujets. Mais attention, il ne faut pas tout mélanger ce qui est parfois le cas. La qualité de l’air, c’est le plan Oxygène, mais la protection de l’atmosphère, c’est le plan climat air énergie territorial. Pourtant, au niveau de l’État, la protection de l’air s’appuie sur un document unique, le plan de protection de l’atmosphère,  doté des 2 volets, à savoir le volet gaz à effet de serre et dérèglement climatique, et le volet pollution de proximité. Nous avons 2 plans tandis que l’État n’en a qu’un. Parfois, nous mélangeons un peu les deux. Je trouve que sur ce sujet et notamment la prime air-bois, une des 4 mesures que vous nous présentez, on se trompe de bataille parce que même si nous avons un chauffage au bois performant, il n’en reste pas moins très polluant, excessivement polluant. Quand nous mesurons les émissions d’un chauffage au bois très performant, il pollue bien plus que n’importe quel autre type de chauffage. Autant le chauffage au bois est une très bonne chose dans le cadre d’avoir un combustible renouvelable, autant en urbain, il est à proscrire. Néanmoins, il y a plus de chauffage au bois dans les communes autour de l’agglomération qu’au centre-ville de Lyon où il y en a peu, et ce sont des endroits où on ne rencontre pas de problèmes de pollution particulaire. Donc, tant mieux. Aidons ces ménages, et pour le coup je rejoins Monsieur Hémon, si en moyenne par commune, cela fait 3 dossiers par commune et par an, c’est vrai que c’est assez raisonnable et nous voyons bien que c’est une mesure non pas qui tombe à l’eau, mais qui part un peu en fumée. Ensuite, Madame Vallet, je vous remercie pour votre présentation, je vais profiter que vous soyez encore là pour vous demander de rediffuser la carte de votre présentation relative aux concentrations de polluants avec les axes routiers. Je voudrais parler 2 minutes de la ZFE. Vous avez sur la gauche la concentration moyenne, ce sur quoi nous luttons. Avec cette ZFE, nous voulons faire baisser les concentrations. La 1ère chose qui a été dite, voyez cette carte, c’est que nous n’allons pas appliquer de mesures sur les axes structurants. Regardez les axes structurants. Ce sont ceux qui sont en rouge, c’est-à-dire que ce qui émet le plus de pollution, là où il y a le plus de problèmes, c’est ce que l’on ne touche pas. Personnellement, cela m’interpelle. Si nous voulons avoir des actions, autant les faire où il y en a besoin et ne pas exclure où cela pollue. Vous voyez qu’en jaune foncé, les personnes impactées sont le long de ces routes, ce qui n’est pas vrai parce qu’on parle de pollution moyenne. Une moyenne, c’est sur 24 heures. Cela veut dire que si vous avez une journée à zéro et 2 pics à 100, vous aurez une moyenne à 20, par exemple. On moyenne. Mais ce qui est important, c’est l’exposition. C’est au moment où nous sommes là où il y a le plus de pollution et pour les oxydes d’azote, c’est évidemment, lors des pics routiers du matin et du soir. Mais sur ces cartes, l’exposition ne se base pas sur là où sont les gens mais là où ils habitent. Actuellement, nous ne sommes pas capables de savoir, nous ne disposons pas des outils, ce n’est pas un reproche, mais techniquement, nous ne sommes pas capables de faire des évaluations, de savoir où sont les personnes dans la journée et si elles sont soumises à des espaces pollués ou pas. Nous utilisons juste une répartition de population sur la carte en fonction des habitants. Nous prenons les cartes du bâti et ensuite nous plaçons notre pollution. Donc, ce chiffre est purement théorique. Nous n’avons aucune idée aujourd’hui pour savoir si oui ou non les personnes impactées par ces problèmes, ces émissions polluantes, ces immissions, sont bien au bon endroit lors des épisodes de pollution. C’est pour cela que lorsque des mesures sont prises, il faut les prendre larges. Si nous faisons baisser la pollution partout, dans ce cas, nous pouvons travailler. Mais si nous choisissons des zones réduites, vous imaginez bien qu’au centre de Lyon, il n’y a pas que les Lyonnais la journée. Quand c’est pollué, qu’il y a des pics de pollution, cela vient aussi de l’extérieur, de toutes les communes. Donc, il faut travailler à une échelle plus large. À l’inverse, il y a des lyonnais qui partent. On ne peut pas travailler que sur ces sujets, que à l’échelle lyonnaise, comme la ZFE, ni qu’à l’échelle de la Métropole parce que la pollution est bien plus large. Elle n’a pas de frontières et les échanges de pollution peuvent provenir d’autres sources. Concernant cette ZFE, il est dommage de travailler uniquement sur les véhicules utilitaires, je suis d’accord.  Nous aurions dû avoir des périmètres beaucoup plus larges, et des mesures globales sur la Métropole pour réduire globalement les émissions et non pas laisser les flux de circulation en plein centre de l’agglomération, ce qui va tuer les résultats finalement. Comme ce sont des évaluations, elles pourront toujours être corrigées, mais je pense que cette mesure, et j’en ai la certitude, n’est pas adaptée au résultat attendu. Concernant les 70 km/h, oui, réduisons la vitesse de 90 à 70. C’est comme sur les épisodes de pollution de ces derniers jours. Vous n’habitez peut-être pas tous le long de la rocade, le fait est que la vitesse n’est pas respectée et que l’on ne se donne pas les moyens de la faire respecter. Quand aujourd’hui les personnes veulent respecter en toute conscience la limitation, elles prennent des risques réels parce que les flux de poids lourds et de transit ne respectent rien. À un moment donné, pour être proactifs sur ces sujets, pour faire respecter, pour prendre des mesures fortes, il faut avoir les moyens de verbaliser fortement ou alors on ne le fait pas. Mais faire sans contrôler, cela ne sert à rien. C’est vraiment une remontée de terrain des Maires qui le constatent avec des personnes qui s’angoissent en demandant comment on peut mettre des limitations de vitesse, ne pas les respecter et faire prendre des risques aux gens sur les routes, parce que c’est le résultat. Concernant le [R] Challenge, la quatrième, cela part globalement d’une bonne idée. Il faut continuer d’accentuer toutes les mesures permettant, et c’est bien en lien avec ce que j’ai dit avant, de continuer à avoir une connaissance précise de l’exposition des populations au phénomène de pollution atmosphérique. Afin de traiter le problème, il faut savoir exactement ce qu’il en est. Veolia a proposé une mesure intéressante. ATMO Rhône Alpes travaille justement sur une sorte de surveillance citoyenne, vous en avez parlé, avec des capteurs embarqués permettant d’avoir des cartes dynamiques et de vraiment retracer des éléments précis sur ces éléments qui nous conforteront pour savoir si oui ou non, les populations sont impactées et comment travailler. En tout état de cause, Monsieur le Président, sur ce sujet, encore une fois, il est dommage que l’on ne soit pas plus pour débattre de ces sujets parce que là, nous sommes presque dans un format de Conseil où chacun déverse sa parole, mais nous n’échangeons pas. Il y a un sujet réel qui est la densité, la densité urbaine.  Au regard des chiffres de pollution atmosphérique et les agglomérations, cela est directement lié à une densité de population. Quand j’entends parler de modèle à la parisienne ou à l’Ile-de-France, personnellement, je n’en veux pas du tout. Je ferai tout, toujours, pour lutter afin que Lyon ne devienne pas la 2ème Ile-de-France avec tout son cortège de problèmes qui vont avec, même si les réseaux de transports en commun sont satisfaisants, mais il n’y a pas que cela malheureusement, et cette densité urbaine que l’on nous impose dans les communes périphériques, à terme, finira par récréer à l’extérieur de Lyon, les problèmes que l’on retrouve à l’intérieur de Lyon. Il faut pouvoir sereinement discuter de ces sujets pour ne pas les laisser partir et recréer des problèmes plus tard sur justement les attentes de notre Métropole et de sa forme urbaine pour ne pas recréer, à l’avenir, les erreurs du passé. Merci.
Commission Générale – Plan Oxygène