Monsieur le Président, mes chers collègues,

Je profite  de ce rapport et de la récente actualité pour vous interpeller sur l’engagement de la Métropole de Lyon dans le développement de l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry.

La récente actualité législative avec le vote de la loi Macron qui permettra la privatisation de l’aéroport de Lyon Saint Exupéry et les récentes déclarations du Président de la République démontrent une fois de plus que le jacobinisme des acteurs nationaux influe dans la gouvernance locale.

L’article 49 de la loi Macron prévoit la vente, par L’État, des parts qu’il détient dans la société « Aéroports de Lyon ». Le sujet interpelle car l’arrivée d’un nouvel actionnariat majoritaire dans la gouvernance de cet outil public, dont les infrastructures et le foncier restent la propriété de l’État, ne sera une opportunité que s’il est porteur d’un véritable projet de développement prenant en compte les enjeux de nos territoires. Cet aéroport offre un potentiel de développement qui ne pourra que dynamiser le tissu économique et touristique.

La Métropole détient aujourd’hui 7% des parts du capital social d’Aéroport de Lyon. Avez-vous l’intention, Monsieur le Président, de vous investir et d’être partie prenante dans l’élaboration du cahier des charges qui conduira à la cession des actifs de l’État et donc au choix du futur actionnaire, qui sera alors majoritaire en détenant 60% des parts ?

La Métropole associée aux autres collectivités : Département du Rhône, Communauté de communes de l’Est Lyonnais (CCEL), Région Rhône-Alpes et bientôt Région Rhône-Alpes-Auvergne doit pouvoir peser dans le débat et agir sur les décisions qui seraient contraires aux intérêts communs de leurs territoires.

Depuis de nombreuses années déjà, les milieux économiques et patronaux lyonnais se mobilisent en faveur du développement économique de l’aéroport. C’est dans cet esprit qu’a été créé en juillet 2003 à l’initiative du Grand Lyon, de la CCI de Lyon et de la direction de l’aéroport ainsi que d’une vingtaine d’entreprises fondatrices, le « Club des Entrepreneurs pour les Aéroports de Lyon et Bron». Ce club a, récemment rejoint, la pétition qui exige l’obtention de nouveaux droits de trafic car cette question reste une question fondamentale.

Il me paraît nécessaire de tout mettre en œuvre pour agir au niveau national afin de convaincre l’État du bien-fondé de nos demandes et lui faire comprendre que mieux desservir Lyon-Saint Exupéry n’est contraire ni aux intérêts parisiens ni à ceux de la France.

C’est un fait l’aéroport de Lyon n’est pas sur le territoire de la Métropole, il n’en demeure pas moins que Saint-Exupéry est un carrefour ferroviaire, routier et aéroportuaire. Le développement de toutes ces infrastructures doit s’intégrer dans une vision politique des transports à l’échelon métropolitain mais bien plus largement à l’échelon du pôle métropolitain et de la Région.

Qu’en est-il de cette vision ? Est-elle commune et partagée par les autres territoires?

J’attire l’attention de cette Assemblée sur les enjeux économiques, touristiques et commerciaux qui sont le bras armé de notre politique métropolitaine. Il faut profiter de cette opportunité de développement pour repenser la politique des transports de demain et l’intégrer dans une vision politique plus globale.

Pour exemple, la réfection en cours des gares de centre-ville doit s’intégrer dans une réflexion plus large et nous devons nous interroger sur leur devenir, prendre en compte la sous-exploitation de la gare de Saint Exupéry ? Demain, lorsque le contournement ferroviaire sera réalisé, tous les trains y auront accès permettant, ainsi, la liaison avec l’ensemble du réseau SNCF.

Bien entendu tous ces projets futurs de développement ne doivent pas nous faire oublier l’intérêt général et la prise en compte des enjeux environnementaux, du bien-être des habitants, la préservation et la protection des espaces naturels.

Tous ces facteurs doivent faire partie intégrante de la définition des politiques publiques locales de transport.

Le projet de territoire de la Plaine de Saint-Exupéry est capital en terme de développement économique et les enjeux concernant la Métropole, les départements du Rhône, de l’Isère, de l’Ain et de la future Région Rhône-Alpes-Auvergne doivent être pris en compte.

Nous sommes, avec l’installation de la Métropole, en quelque sorte la tête dans le guidon mais cela ne doit pas nous faire oublier la nécessité de sortir des projets de territoire pour les décennies à venir notamment pour cette nouvelle confluence de Saint-Exupéry.

 

Quel avenir pour l’aéroport de Lyon Saint Exupéry ?