Clotilde Pouzergue, maire et conseillère métropolitaine d’Oullins, s’est exprimée en conseil de la Métropole du 5 novembre 2018 sur son inquiétude sur le devenir des missions locales jeunes.

 

Le 18 juillet 2018, le Premier ministre a annoncé, à l’issue d’un atelier « Action publique 2022 » consacré au service public de l’emploi, la volonté d’encourager des  fusions entre les Missions Locales et les agences de Pôle Emploi sous forme expérimentale. Cette annonce a été faite sans concertation préalable avec le réseau des Missions Locales.

Les éventuelles expérimentations annoncées de fusion de Missions Locales avec Pôle Emploi, si elles sont mises en œuvre, sont de nature à remettre en cause à la fois la spécificité de l’accompagnement global et personnalisé des jeunes et l’ancrage territorial des Missions Locales, avec l’engagement politique et financier fort des élus, gages de la performance de leurs actions.

Nous rappelons que les Missions Locales Jeunes accompagnent chaque année 1 400 000 jeunes. La connaissance des territoires et l’expertise de leur réseau acquises depuis plus de 35 ans font des Missions Locales un acteur incontournable dans l’accompagnement des jeunes vers l’emploi.

L’accompagnement des jeunes par les Missions Locales n’est pas le même que celui des demandeurs d’emploi. Il s’agit d’un accompagnement spécialisé qui peut intégrer un accompagnement à l’autonomie, à la mobilité, à la santé… Les outils d’accompagnement ne sont donc pas identiques. Les Missions Locales sont les acteurs territoriaux des politiques de jeunesse et les opérateurs du déploiement des dispositifs publics d’insertion sociale et professionnelle des jeunes.

De plus, les Missions Locales ont un lien privilégié avec les élus locaux de par le travail partenarial mis en place  avec les communes. Chaque Mission Locale est présidée par un élu local. Or, la note d’explication du processus de rapprochement transmise aux directions régionales de Pôle Emploi indique que la procédure opérationnelle donne tout pouvoir aux directeurs territoriaux de Pôle Emploi. Malgré cela, la note précise que « la participation aux expérimentations doit s’accompagner d’un engagement des élus à maintenir le niveau de leurs subventions pendant toute la durée de l’expérimentation ». Les collectivités devront payer mais les représentants élus ne décideront plus !

L’ensemble des Présidents de Missions Locales, à travers l’Union Nationale des Missions Locales, quelle que soit leur appartenance politique, est fermement opposé à ce projet et une motion de l’Assemblée générale a été votée en ce sens.

La Métropole de Lyon demande donc au Gouvernement :

  • De clarifier ses intentions quant à l’avenir du réseau des Missions Locales
  • D’engager une concertation réelle avec les collectivités territoriales, les Missions Locales Jeunes et les partenaires de la politique de l’emploi.

 

Clotilde POUZERGUE – Missions locales jeunes