Claude Leclerc, conseillère métropolitaine de Rillieux-La-Pape intervient sur la subvention de la Métropole de Lyon à l’ARTAG (Association Régionale des Tsiganes et de leurs Amis Gadjé) le 16 mars 2018

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Au moment de débattre de la subvention octroyée à Artag et au réseau Intermed, permettez-moi d’abord de témoigner de mon profond respect pour la communauté des gens du voyage, que ma commune, mais aussi de nombreuses autres, accueille au sein d’une aire aménagée et très bien gérée par nos partenaires de l’Hacienda. Je rencontre fréquemment les membres de cette communauté sur ma commune, qui sont souvent bien intégrés. Certains se sédentarisent et s’impliquent dans la vie de nos villes avec succès. Soyons clairs, cette intervention ne les vise en aucune façon.

Je me permets d’insister là-dessus car il est arrivé, à plusieurs reprises, au sein de toutes les communes de la Métropole, que des campements illicites s’installent sur des terrains publics ou privés. C’est arrivé notamment il y a 3 ans à Rillieux-la-Pape où le Préfet de l’époque avait su procéder à une évacuation de plus de 200 caravanes grâce à des gendarmes mobiles aidés de policiers nationaux et municipaux.

Or, le transfert des compétences en terme d’accueil des gens du voyage à la Métropole a changé les choses puisque l’an dernier, le 16 avril 2017, 35 caravanes se sont installés pendant deux semaines sur un terrain de rugby à Rillieux-la-Pape après avoir sectionné le cadenas et forcé la grille d’accès.

Surs de notre droit, nous avions donc demandé un recours à la force publique à la Préfecture qui a été refusé au motif que la Métropole de Lyon ne disposant pas de suffisamment de places en aire de grand passage, les gens du voyages pouvait s’installer où bon leur semblait. Permettez-nous dans un premier temps de vous interroger sur ce sujet et de nous rassurer sur ce point : une telle situation pourrait-elle se reproduire aujourd’hui ?

La Cour Administrative d’Appel a fort heureusement donné raison à la Préfecture et à la commune presque une année plus tard pour des raisons de forme alors que les gens du voyage étaient partis depuis longtemps.

Quand le droit n’est pas suffisant, il reste la solution de la médiation et nous comptions beaucoup à l’époque sur l’Artag pour jouer les médiateurs. Au vu du tableau présenté, il semble que l’Artag ait effectué 217 médiations, ce qui parait impressionnant… sauf que nous aurions aimé une liste détaillée, et notamment les résultats de ces médiations. Sur Rillieux-la-Pape, le résultat fut l’occupation jusqu’en mai d’un terrain municipal assorti de dégradations dont je ne vais pas faire le détail à cette honorable assemblée afin de ne pas vous provoquer de hauts le cœur.

Toujours est-il que les  chiffres alignés sur le tableau que vous nous avez fourni masquent des réalités qui, permettez-moi de le dire, me font douter de l’efficacité du travail de médiation de l’Artag. Je pense au passage que beaucoup de mes collègues Maires se posent la même question. Dans la quasi-totalité des cas d’occupations illicites, il est démontré que des aires de grand passage ou des places en aire d’accueil classique sont disponibles. Il est curieux, et je pèse mes mots, que l’Artag obtienne si peu de résultats lors de ses médiations alors qu’il suffirait parfois de déplacer le campement de 20 km pour qu’il soit installé de manière licite.

En conséquence et en l’absence d’une vraie évaluation qualitative du travail de l’Artag et malgré toute l’estime et le respect que nous témoignons envers les gens du voyage, notre groupe votera contre cette délibération.

Claude Leclerc intervient sur la subvention de l’ARTAG