Monsieur le Président,

Pas facile de préparer une intervention, quand d’une part, on ne sait pas ce qui va être présenté, et en plus quand à peu près tout le monde a parlé sur un sujet consensuel.

En effet, les objectifs d’un plan climat-air-énergie -territorial ne peuvent qu’être partagés par l’ensemble des décideurs publics. Et les prises de paroles des uns et des autres confirment que les acteurs publics sont sensibilisés et prêts à agir.

Cependant quelques remarques :

La première est le niveau d’efficacité que peut avoir notre collectivité par rapport à un problème mondial.

Comment pouvons-nous attendre des résultats sur le climat alors que les émissions de gaz à effet de serre sont majoritairement émises ailleurs. Même si notre collectivité arrêtait d’émettre le moindre gramme de CO2, cela ne changerait quasiment rien sur l’inéluctable avancée du dérèglement climatique.

Mais nous savons tous ici, que cette remarque ne vaut rien et que notre rôle d’exemplarité doit être un guide pour les autres collectivités du monde.

Il faut aller plus loin et utiliser le levier de l’exemplarité en ne cherchant pas seulement à réduire les émissions sur notre territoire mais en réduisant les émissions générées par notre collectivité.

Cela passe par une évaluation, obligatoire mais également par des méthodes claires.

Nous ne devons pas plus nous tirer une balle dans le pied en laissant aux chinois la liberté de polluer à notre place et les laisser en profiter économiquement.

Il ne faut pas hésiter dans nos marchés publics à systématiquement intégrer cette notion, afin de privilégier des pistes d’amélioration vertueuses. Au niveau international, nos dirigeants devront bien un jour reconsidérer la taxe carbone comme une nécessité, et enfin comprendre que la mondialisation économique est la norme mais qu’elle ne s’accompagne pas de la mondialisation éthique commerciale.

Depuis la loi sur la transition énergétique qui a modifié la loi Grenelle II, il n’y a plus que deux structures devant porter le PCAET; les EPCI de plus de 20000 habitants et la Métropole de Lyon.

Les autres structures, de plus de 50000 habitants ne sont plus obligées de mettre en place ce plan.

Dans l’esprit du législateur, cela correspondait à une nécessité de co-construction avec l’ensemble des services des collectivités territoriales et tous les acteurs du territoire (collectivités, acteurs socio-économiques, associations, entreprises, universités, habitants…).

Cela justifie mieux la démarche “on s’y met tous” qui a eu lieu il y a quelques jours à la Métropole, permettant ainsi de pouvoir justifier la participation de tous les acteurs prévus.

Cette coconstruction était attendue à l’échelle la plus proche des habitants, à savoir la commune.

Si cela semble évidement pour un établissement public de coopération intercommunal – cela peut poser question pour une collectivité territoriale de plein exercice qui ne sera pas représentative de l’ensemble des communes de son territoire. Peut-être que le législateur n’avait pas perçu la dérive des instigateurs de cette métropole qui souhaitait mettre un terme au contrariant pouvoir des Maires.

Plus techniquement,

Ce plan doit nous permettre de concrètement élaborer une stratégie pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, tout en travaillant sur la pollution de l’air de proximité.

Lorsque l’on regarde les sources de gaz à effet de serre de l’OREGES (observatoire de l’énergie et des gaz à effet de serre), on en déduit que les actions de réduction de nos émissions doivent se porter sur tous les secteurs.

Si les actions proposées pour le secteur résidentiel/tertiaire et industriel sont cohérentes, de plus en plus, les solutions attachées au transport routier posent question.

Il y a encore quelques années, le maître-mot était le report modal auquel était associée l’idée de villes denses ou compactes. Ces deux ambitions ne se sont réalisées que très localement. Le centre-ville ou plus exactement la ville centre ressemble aujourd’hui à ce qui était souhaité mais, dans le reste de la  Métropole, l’automobile et la faible densité règnent en maître.


Je souhaiterai citer Yves Crozet : “Tout s’est passé comme si la ville se comportait comme une pyramide de sable dont la surface s’élargit alors qu’augmente sa hauteur. “

Plus la part dense de la ville accroît son dynamisme et son attractivité, plus s’étendent les périphéries et plus, finalement, la ville file entre les doigts des politiques publiques

Et c’est bien ce que l’on observe à l’Est de la Métropole avec un développement incontrôlé ou on rejoue les erreurs du passé avec un étalement urbain non maitrisé. La zone de pertinence des transports en commun restant limitée, notamment du fait de leurs coûts, nous devons nous pencher sur l’optimisation de l’usage de la voiture individuelle et sur la pertinence de zone d’emplois concentrées.

Pour cela, la Métropole ne s’engage pas assez dans les sources énergétiques alternatives. La méthanisation est une source de production d’énergie renouvelable que nous devrions bien plus développer, cela nous permettrait en plus de rapidement nous équiper en transports collectifs alternatif sans prendre trop de risque avec la technologie électrique. La maîtrise du biogaz permettrait des gains particulièrement significatifs sur nos émissions de gaz à effet de serre.

Il en est de même pour la technologie hydrogène. La ville de Lyon a été la première ville électrifiée grâce à l’usine hydroélectrique de Cusset. Le canal de Jonage qui l’alimente pourrait également être une merveilleuse source d’énergie pour de la production au fil de l’eau d’hydrogène et pourrait faire de Lyon, au sens métropolitain, à nouveau une agglomération pionnière en matière d’énergie.

L’ambition est là, il faut des actes politiques.

Christophe QUINIOU – PCAET – Commission générale