Monsieur le Président, chers  collègues, 
 
On n’améliore que ce que l’on mesure.
 
C’est en 1999 que j’ai commencé à travailler avec COPARLY. À l’époque, jeune ingénieur environnement, je m’applique à définir les bases d’un inventaire des émissions polluantes en région Rhône-Alpes, étape indispensable à la réalisation de simulation de qualité de l’air. À l’époque, ce sont les industriels, et notamment ceux de la vallée de la chimie qui mettent en œuvre ces outils.
 
Car Lyon est une ville industrielle et depuis 1962, des mesures sont faites, principalement pour surveiller les conséquences de l’utilisation de fiouls lourds chargés en soufre, qui conduisent à des épisodes de pollution soufrées, le dioxyde de soufre, le SO2. Rapidement chacun s’organise et sur l’agglomération lyonnaise pas moins de trois réseaux, coexistent, ceux des industriels et la ville de Lyon avec son département d’écologie urbaine.
 
C’est dans ce cadre qu’est créé le COPARLY : comité de coordination pour le contrôle de la pollution atmosphérique en région lyonnaise.
 
La loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie de 1996 donnera un cadre à la surveillance, instituant la forme associative agréée par le ministère de l’environnement, avec une transparence totale des données et un financement tripartite, et un conseil d’administration regroupant, Etat, collectivités locales, industriels et associations de protection de l’environnement.
 
Début 2000, la surveillance se limite à des mesures et des constats qui peuvent conduire au déclenchement d’alertes. Mais elles sont généralement faites après l’épisode de pollution.
 
L’accompagnement des politiques publiques commence à cette époque. Mais les élus veulent des prévisions, savoir où l’on va. C’est également à cette période, qu’ayant rejoint ATMO, je croise pour la première fois des élus : c’était Béatrice Vessilier qui officiait au Grand-Lyon sur ce sujet.
 
Avec le développement des techniques de prévision et de l’augmentation de la puissance de calcul des ordinateurs, les premières modélisations font leurs apparitions et il est possible de prévoir, d’anticiper, de faire des choix de scénari pour le futur. C’est dans le cadre du Plan de Protection de l’atmosphère que les travaux s’organisent. Les structures se regroupent également, tout d’abord, Lyon, Saint-Etienne et Grenoble, sous la forme d’un GIE, puis toute la région Rhône-Alpes et enfin récemment la grande région Auvergne Rhône Alpes.
 
En 2008, je constate comme beaucoup que les décisions à prendre pour améliorer la qualité de l’air ne viendront pas de la production de données scientifiques mais d’actions volontaristes des décideurs.
Je vais donc voir mon président : c’était Michel Repellin. Il m’explique, que rares sont les élus qui sont capables de prendre des risques qui selon eux pourraient les desservir électoralement, mais m’incite à aller parler avec le maire de la commune ou je réside pour exposer mon désarroi.
 
Je fais la connaissance de Michel Forissier. Tranquille, calme, pragmatique. 4 mois plus tard, me voilà élu à la Métropole, sans rien connaître de la politique, ni des logiques de groupes partisanes. Cela dit on comprend vite.
 
Depuis, je tente, parmi vous, chers collègues, de défendre les orientations techniques qui sont nécessaires pour améliorer les choses.
 
J’aurai voulu encore plus m’investir, notamment dernièrement en représentant notre collectivité à ATMO, mais là encore c’est la logique politique qui a pris le dessus et c’est un urologue, ancien adjoint à la culture qui nous représente : belle personnification de la fameuse expression « autant pisser dans un violon… »
 
Notre président a organisé il y a 8 jours, un grand évènement au grand parc Miribel Jonage en lien avec la protection du climat. En privatisant la base de loisir, il a pu s’acheter des participants, à savoir les milliers de visiteurs qui seraient venus de toute façon, mais  qui ont eu la chance d’avoir leur place sur la plage gratuitement.
 
Par contre pour aller en vélo là-bas, comme prévu, point de président. Agir pour le climat, oui, mais pas quand il fait chaud, ça fait des auréoles sous les bras pour les photos…
 
Ce coup de com, à environ 90 000 euros laisse pantois quand nous voyons que la subvention que nous attribuons à ATMO est de 175 000 euros.
 
Mais là encore, notre président en digne ancien premier secrétaire du parti socialiste maitrise les  priorités politiques.
 
ATMO est une association, d’intérêt général qui nous permet d’avancer dans le bon sens. Elle accompagne notre collectivité et peut guider ses choix, mais pour cela il faut la laisser proposer et non pas lui imposer des contraintes : c’est malheureusement ce qui s’est fait dans le cas de la ZFE où les hypothèses étaient bridées politiquement par l’exécutif. Notre air du quotidien et notre climat ne peuvent plus souffrir de craintes électorales.
 
Avec l’aval de madame Bouzerda, qui a entendu mon envie permanente de m’investir sur ces sujets, de grandes avancées devraient voir le jour sur notre réseau de transport en commun, plaçant le Grand-Lyon dans une dynamique de transparence jamais atteinte.
 
Chers collègues, plus que jamais, sachons écouter plutôt que de croire que parce que nous sommes élus, nous savons mieux que les autres.
 
Bien évidemment nous voterons cette subvention.
Christophe QUINIOU – ATMO, un expert pour la Métropole