Retrouvez l’intervention de Xavier ODO
  • (seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président,

Mes chers collègues

Ce budget est à la fois le dernier de la mandature et le premier de la nouvelle mandature car il est voté pour l’année 2020 malgré les élections métropolitaines de mars prochain. Monsieur le Président, on ne va pas faire semblant, pas entretenir un faux suspens, notre groupe ne votera pas votre budget. Nous avons bien entendu les éléments de langage du Vice-président Brumm, certains même pour la 3e fois cette année après la commission finances et la conférence métropolitaine des Maires. Le budget est bon et le prochain exécutif aura belle marge de manœuvre. Tant mieux pour lui et c’est quand même dommage que Gérard Collomb invente un modèle de collectivité territoriale, se le fasse ravir par son meilleur ami de 30 ans, qui lui-même le laissera prêt à porter ses fruits, …  au prochain exécutif. D’ailleurs, sur ce point j’ai une question naïve. N’y voyez pas malice Monsieur le Président, mais je m’interroge sur la sincérité de la présentation. Non pas sur les chiffres. Nous ne les contestons pas et nous sommes certains qu’ils sont sincères car ils émanent du travail de l’administration. Et d’ailleurs puisque l’occasion m’en est donnée, je souhaite au nom de notre groupe remercier le travail des services, notamment M. Daller, Mme Jousset sous la Direction générale de M. Soulas et à travers eux l’ensemble des agents des services finances, programmation, réalisation et ingénierie pour leur travail, leur disponibilité et leur écoute. Quand je parle de sincérité, je parle évidemment des choix politiques. Le Président de la Métropole a changé, le Vice-président aux finances est resté le même, tout en poursuivant son soutien indéfectible à l’ancien président de la Métropole. Et c’est tout à votre honneur M. Brumm, car dans cette Assemblée la fidélité politique n’est pas la 1ère des vertus. Mais quand je lis sous votre plume de candidat, Monsieur le président, je vous cite dans le texte : « Si Gérard Collomb n’était pas parti au gouvernement : les mineurs non accompagnés n’auraient toujours pas d’hébergement ; nous n’aurions pas signé le contrat de plan État-Région avec à la clé des millions d’euro d’investissement pour le territoire », un doute m’envahit. Ces choix politiques différents ont amené des dépenses nouvelles. Dilemme ! Soit vous annoncez des choix contraires à ceux de M. Collomb et vous ne les avez pas traduits budgétairement et donc vous êtes insincère. Soit ces choix ont connu une traduction dans ce budget et là c’est le Vice-président qui est insincère dans son soutien politique. Il y a une troisième solution que je n’ose pas imaginer, celle que le Vice-président serait sincère par omission, c’est-à-dire qu’il n’aurait pas compris qu’il défend ici aujourd’hui des choix politiques contraires à ce qu’il défend en même temps mais en dehors de cet hémicycle pour la campagne électorale de Gérard Collomb ! Alors ce budget, il présente de bons résultats. Mais il présente aussi des carences importantes, dans la lignée de vos décisions précédentes. Les frais de fonctionnement ont connu des hausses incessantes, sans qu’ils soient dans les équipes de pilotage de la PPI. Car vous n’avez jamais été capable d’appliquer un vrai plan de réduction des dépenses de fonctionnement. Le plan marge de manœuvre était de la poudre aux yeux. D’ailleurs, vous seriez bien en peine de nous fournir un bilan de fin de mandat sur ce plan marge de manœuvre puisque vous n’avez pas su inverser la tendance haussière du train de vie de notre collectivité. Cette hausse vous était facile, par votre hausse d’impôt de 5% en début de mandat, une hausse de confort avec le recul. Heureusement que votre propre majorité législative vous a imposé une limite de dépense par la contractualisation avec l’État, car sinon vous n’auriez même jamais fait cet effort de simplement réduire l’augmentation des dépenses de fonctionnement. En matière d’investissement qu’avez-vous fait ? Rien de plus que d’essayer que de respecter vos engagements, mais vous n’avez pas su ou pas pu mettre en œuvre la PPI de 3,5 milliards d’euro. Et quand je dis qu’il n’a pas pu, parce que je ne crois pas à une absence de volonté, je crois davantage à une incapacité de gouvernance à mettre en œuvre un tel budget d’investissement. A défaut de piloter les projets d’investissement pour l’avenir, à défaut de laisser les communes piloter certains projets de proximité, on a fait de la gestion. En effet ce bon travail des services finances, ne fait que donner des marges de manœuvre. C’est bien mais ce n’est pas suffisant, Aujourd’hui nous avons une bonne capacité d’emprunt, parce que nous avons pu sortir des emprunts toxiques si chers à Michel Mercier et que nous avons pu bénéficier des taux d’intérêt bas. Mais à quoi cela sert l’endettement ? Sinon à préparer l’avenir, par des investissements structurants pour les habitants actuels et les générations futures. Mais pour faire avancer des investissements d’avenir, il faut certes des moyens, mais surtout du dialogue avec les communes et des équipes de pilotage. Pour la co-construction des projets avec les communes, nous savons tous que le modèle de gouvernance est dépassé. Ce sera un défi pour le prochain exécutif pour sortir de la gouvernance de l’entonnoir qui fait que nous devons attendre des mois et des mois que le Vice-président soit libre pour faire avancer un dossier. Pour la multiplication des équipes de pilotage, cela questionne la gouvernance des services métropolitains, un défi pour la prochaine direction générale qui devra gérer une PPI de près de 6 Milliards Et aujourd’hui quel est le bilan ? Un stock d’autorisation de programme de 1,5 milliards d’euro. Mais c’est quoi une autorisation de programme ? Une dépense dont le paiement s’étendra sur plusieurs exercices sans en faire supporter l’intégralité à son budget en risquant de devoir mobiliser ou prévoir la mobilisation d’emprunts par anticipation. En clair, avec M. Collomb, M. Kimefeld vous avez vendu aux communes des projets sans garantir leur réalisation puisque ces engagements doivent se traduire annuellement par ce que l’on appelle des crédits de paiement. On inscrit avant l’élection et il faudra les financer sur les budgets annuels après les élections. Pour financer les AP ouvertes il faudrait dépenser 2 années de budget d’investissement sans rien faire d’autre de plus ou de nouveau, ce qui serait insensé dans la gestion d’une collectivité territoriale. Mais comment gérerons-nous une PPI de 4,5 ou 5 Milliards auquel s’ajoutera le 1,5 milliard de reste à réaliser de notre mandat ? Nous n’avons pas su gérer plus de 2,3 Milliards à celui-ci. C’est une question de gouvernance bien plus qu’une question financière. Car aujourd’hui où sont-ils nos investissements structurants pour nos communes ? Où sont-ils les collèges de demain ? Où sont-elles les nouvelles stations de métro ? Où sont-ils les grands équipements culturels et sportifs ? Vous allez me dire, mais il y en a eu ! Il y a le quartier Gerland à Lyon, le quartier Part-Dieu à Lyon, le quartier Confluence à Lyon, La Doua à Villeurbanne… Et ne me parlez pas du Grand Stade quand je vous interroge sur un portage public. Mais bien trop peu dans nos communes et je ne parle pas de Grigny. Vos ambitions, elles sont dans vos discours, pas vraiment dans vos actions et encore moins dans vos exécutions budgétaires ! La Métropole de Lyon est une collectivité qui doit investir pour l’avenir, c’est sa vocation première. Faisons attention de ne pas perdre de vue cette responsabilité pour les générations futures. Les retards pris en matière d’investissement ne se rattrapent pas, ni avec des bons budgets, ni avec de bons bilans. Seuls les investissements d’avenir restent, nous serons jugés là-dessus par nos enfants.
Budget primitif 2020