Monsieur le Président et chers collègues, l’aménagement du Puisoz est de ces projets de longue haleine à l’avènement desquels on finit par ne plus croire. Ce fut une belle arlésienne mais, aujourd’hui, force est de constater que les choses avancent et que le projet prend forme. Il est toujours possible de regretter que cet emplacement, exceptionnel par son positionnement géographique et ses accès multiples, n’ait pas été utilisé pour un équipement public valorisant la ville de Vénissieux qui en a pourtant grand besoin. Mais nous savons tous que les tergiversations et les manques de volonté ont hélas eu raison de ce qu’aurait voulu le bon sens.

Aujourd’hui, ce projet a le mérite d’exister et il va combler un espace qui renforçait la coupure entre le nord et le sud de Vénissieux. Le groupe Les Républicains et apparentés votera donc favorablement ce rapport.

Mais nous souhaitons cependant attirer l’attention sur trois points de vigilance qu’il est encore possible de prendre en compte pour l’intérêt des habitants des quartiers environnants. Ces trois points de vigilance portent sur :

– la gestion des accès routiers,

– les besoins en équipements publics,

– la nature des logements envisagés.

Point de vigilance concernant la gestion des accès routiers –

Il est à noter que ce point concerne les habitants des quartiers environnants mais également l’ensemble des usagers du boulevard Laurent Bonnevay.

La réunion publique d’information qui s’est tenue à l’hôtel de Ville de Vénissieux le 29 janvier dernier et qui avait pour objet la gestion des accès liés au projet du Puisoz n’a pas permis de nous rassurer, bien au contraire. Bien qu’arrivés plutôt confiants à cette réunion, nombreux ont été les Vénissians qui en sont ressortis très inquiets. En effet, à cette réunion, monsieur le Vice-Président Michel Le Faou a garanti qu’à l’horizon 2030, les aménagements prévus n’apporteraient pas d’aggravation par rapport aux difficultés de circulations actuelles, notamment sur le boulevard Laurent Bonnevay. Quand on connaît les congestions quotidiennes de cette portion du boulevard, la promesse de ne pas avoir d’aggravation n’est pas en soi une bonne nouvelle.

Mais l’inquiétude s’est renforcée quand nous avons réalisé que cette garantie à l’horizon 2030 repose sur l’hypothèse que le contournement de l’agglomération lyonnaise sera alors réalisé. Quand bien même cette date hypothétique ‑qui s’inscrit, faut-il le préciser, à la suite d’une longue liste de promesses non tenues‑ serait finalement exacte, cela veut dire concrètement qu’entre 2019, date d’ouverture des magasins Ikea et Leroy Merlin et 2030, la pagaille sera terrible pendant ces onze années au minimum. Tout le monde sait que le boulevard est tous les jours saturé et que les entrées et sorties des milliers de clients des deux nouvelles enseignes, auxquels il faudra ajouter les employés travaillant dans les immeubles de bureaux créés, ne pourront qu’aggraver lourdement la situation. Qu’un responsable du projet fasse l’impasse sur ces onze années n’a pu qu’être source d’anxiété. Il est donc nécessaire de prendre en compte ces années qui sépareront l’ouverture des enseignes et immeubles de bureaux de la réalisation effective du contournement de l’agglomération lyonnaise.

Point de vigilance concernant les besoins en équipements publics –

En regard de la création de quelque 23 000 mètres carrés de locaux à vocation tertiaire, d’une offre hôtelière de 4 000 mètres carrés mais bien plus encore de la création de quelque 800 à 1 000 logements, la question de l’anticipation des besoins en équipements publics doit être prise très au sérieux. Aujourd’hui, les réponses apportées en la matière ne sont pas suffisamment précises. Cela pose également la question de l’augmentation de la dotation de compensation car la Ville supportera des coûts de services publics importants eu égard à la concentration, sur cette partie du territoire, de nouvelles grandes surfaces commerçantes et de locaux d’activités tertiaire.

Enfin, un dernier point de vigilance concerne la nature et la densité des logements envisagés –

Le quartier jouxtant le Puisoz est principalement constitué de maisons et intègre même une église classée. La construction massive de quelque 1 000 logements est ressentie comme un bétonnage de plus. Il est encore temps de revoir à la baisse ce nombre de logements.

Par ailleurs, le projet annonce aujourd’hui que quelque 25 % des logements construits seront destinés à du logement locatif social. Est-il nécessaire de rappeler que Vénissieux dépasse à ce jour les 55 % de logements sociaux ? Est-il nécessaire de rappeler ici qu’il y a un an, le Premier Ministre, Manuel Valls, indiquait : “Il faut arrêter d’ajouter de la pauvreté à la pauvreté”, annonçant également que les Villes ne pourront plus dépasser les 50 % de logements sociaux ? Votre sacrosainte alliance de l’humain et de l’urbain ne doit-elle pas prendre en compte cette nécessité de ne plus concentrer les logements sociaux dans une même ville ? Là encore, il est encore temps de revoir à la baisse la part de logement sociaux voire la suppression de ces programmes.

Je vous remercie de votre attention concernant ces trois points de vigilance.

Aménagement du Puisoz
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