Monsieur le Président, mes chers collègues.
 
 
Encore une fois nous nous devons d’appliquer la législation qui impose aux collectivités de se doter d’un document administratif, ici le Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires, qui revient à la compétence de la Région.
C’est un rapport ambitieux puisqu’il doit traiter de l’équilibre des territoires, de l’implantation des infrastructures, de l’habitat, des transports, et d’un ensemble de problématiques essentielles à la protection de l’environnement comme la gestion des déchets, la pollution de l’air, la lutte contre le changement climatique
Le SRADDET propose une ambition forte et c’est avec satisfaction que nous avons constaté que la Métropole de Lyon s’intègre dans la rédaction générale avec quelques réserves sur lesquelles nous allons discuter.

    
Pour qu’un tel schéma ait un impact et qu’il ne soit pas qu’une belle dissertation, le choix a été fait d’un rapport simple, utile et concret.
 
Il se veut simple car la Région a fait le choix de ne pas ajouter de norme à la norme et a décidé de faire confiance à ses territoires et à ses acteurs.  La Région reconnaît le travail déjà fait sur les territoires en pratiquant le principe de subsidiarité, ce qui peut être assuré et géré par le territoire doit l’être.
 
Sur ce point permettez-nous de relever un double positionnement politique dans le rapport de la Métropole. Sur le financement des infrastructures, vous contester l’orientation visant à des financements croisés pour développer l’offre TER, sous-entendu qu’il faut que la Région paie seule. Aussi on peut s’étonner de lire en début de rapport que la Métropole souhaite un soutien je cite : « explicite en investissement ainsi qu’en fonctionnement » de la part de la Région pour remplir les objectifs du SRADDET.
 
Par ailleurs, si la région fait le choix de ne pas interférer dans la gestion des politiques métropolitaines, nous ne pensons pas que la Métropole soit la mieux placée pour faire des leçons politiques, j’évoquer ici le paragraphe concernant l’ALEC.
 
Il se veut utile car il a été bâti à partir de l’expression des besoins et attentes des territoires. La Région fait le choix de faire confiance aux SCoT pour la définition de leur armature, avec une demande forte : travailler en cohérence et complémentarité avec les territoires voisins
 
Il se veut concret en mettant l’innovation et la transition sont au cœur des défis que nous avons à relever. Ainsi, suite à la consultation citoyenne la Région a fait le choix d’intégrer deux thématiques que la loi ne prévoit pas : Le foncier agricole et l’accès au numérique.
     
Le SRADDET doit être une occasion de faire travailler ensemble toutes les collectivités pour :

Positionner Auvergne Rhône Alpes sur un plan Européen ;
 
En défendant les grands projets nationaux comme la ligne grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon ; l’A45 ; …qui correspondent à de vrais enjeux de mobilité et de déplacements régionaux.
La région souhaite renforcer le rôle de la gare de Lyon Saint Exupéry comme vraie gare régionale d’accès à la grande vitesse avec des correspondances TER et une connexion renforcée avec les autres gares de la métropole lyonnaise.
 
Sur ce point la frilosité de la rédaction de la Métropole et le caractère défensif sans hauteur de vue ne correspond pas vraiment à l’ambition dont vous nous parlez souvent Monsieur le Président. Le SRADDET est très explicite sur ce point en le précisant systématiquement. Saint Exupéry se présente comme une indispensable complémentarité. Ce sera un atout indispensable pour accueillir de nouvelles liaisons à grande vitesse et prend en compte le développement à l’est de la métropole lyonnaise.
Et, il est très étonnant  de lire que vous souhaitez prioriser à tout va le train TGV, TER et FRET et dire le contraire quand il s’agit de la gare Saint-Exupéry.

Consolider l’équilibre entre territoires urbains et territoires ruraux.
 
Et sur ce point, la rédaction de la Métropole est malencontreuse quand elle dit que la place des grandes agglomérations n’est pas suffisamment prise en compte. Je sais Monsieur le Président que vous avez été convié dans plusieurs départements limitrophes. Et vous avez constaté parfois les incompréhensions, parfois les peurs que suscitent notre développement métropolitain. Aussi, c’est à nous qu’il appartient de montrer la solidarité et l’ouverture vers les autres, pas l’inverse.
 
Pour cela il faut assurer une péréquation entre les territoires notamment dans la gestion du foncier :
        
par la maîtrise de la consommation de nouveaux espaces urbains : notamment aux zones proches des métropoles où la pression foncière est très forte.
     
par la protection  des bourgs-centre et la préservation du foncier agricole.

Devenir la Région exemplaire sur le plan du Développement durable
 
L’ambition est d’améliorer de 54% les énergies renouvelables dans un schéma de produisons mieux – consommons moins :
Et ce, en devenant la première Région de France en matière d’hydrogène,
En apportant un soutien massif aux projets des filières bois-énergie et méthanisation.
Enfin, en incluant le PRPGD – Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets – qui met l’accent sur le soutien aux circuits courts, le développement de l’économie circulaire, la valorisation des déchets… et qui ambitionne de faire d’AURA la région leader sur la prévention et la gestion des déchets.

L’ambition c’est aussi d’offrir un cadre de vie de qualité à tous :
        
En valorisant la diversité des paysages, du patrimoine et des espaces naturels remarquables :
      
En améliorant la qualité de l’air et en diminuant les émissions de polluants dans l’air. Toutefois, pour cela, il conviendrait de fixer une ligne de conduite commune région / Métropole sur l’accès des car TER sur le territoire de la Métropole. Expliquez-vous que les bus n’ont pas vocation à venir desservir jusqu’à Part-Dieu, on peut d’interroger, tant votre rapport est sur ce point très limitatif et ne permet pas vraiment de comprendre votre souhait de développement futur de ce mode de transport collectif.
      
En prenant en compte les trafics de transit avec une vision régionale et en accord avec les acteurs de transports. Et sur cela, Monsieur le Président, il est évident qu’un travail collaboratif plus ouvert soit engagée avec la Région. Vous demandez à ce que les conséquences du déclassement des autoroutes A6 et A7 soient mieux ciblées dans la SRADDET, cela ne pourra se faire que dans une vision globale et équilibré comme mes collègues Gilles GASCON, Pascal CHARMOT et d’autres ont déjà pu l’exprimer dans cette enceinte.
 
Nous attendons de la Métropole qu’elle soit un partenaire plus positif, plus volontariste, et nous pensons qu’avec un petit effort vous pourrez y arriver Monsieur le Président.
 
Dans cette attente, nous nous abstiendrons sur cette délibération.
Alice DE MALLIARD – SRADDET