Le 25 janvier 2012, il y a presque 7 ans jour pour jour, était adoptée une proposition de loi portée par Paul Salen, député de la Loire, qui vise à faire « Don d’heures de réduction de temps de travail ou de récupération à un parent d’un enfant gravement malade ».

Les nobles causes naissent dans notre région et dans notre département. Handicap International, cette loi avec laquelle j’ai ouvert mon propos et la Maison de répit aujourd’hui.

Dans la continuité de cette loi qui fut une réelle avancée, pour ce qui est de l’accompagnement d’un enfant gravement malade, nous devons, chers collègues, apporter notre concours à un autre aspect que porte la Fondation France Répit et qui repose sur un vaste programme d’accompagnement des aidants au sein de la Maison de Répit.

Cette maison a pour vocation d’accueillir des personnes fragilisées par le handicap ou la maladie et leurs proches aidants résidant dans la Métropole de Lyon.

Ce projet est développé en partenariat étroit avec la Métropole de Lyon, l’ARS Auvergne Rhône-Alpes, les acteurs sanitaires, médico-sociaux, auxquels on ajoute des mécénats, des fondations, des acteurs économiques et associatifs du territoire.

Chers collègues, nous concourons à faire de notre métropole un acteur majeur sur le plan humain et social.
La Fondation France Répit développe, en complément de ces projets, des activités scientifiques destinées à encadrer les pratiques et évaluer l’impact de ces actions innovantes.

C’est une noble mission, un projet valeureux, porté par La Fondation France Répit qui voit le jour à Tassin la Demi-lune. Tassin la Demi-Lune première Ville aidante de la Métropole, c’est du concret. Nous tenions à ce que cela devienne réalité en accompagnant ce beau projet.

Des divers projets que la Ville porte autour de la famille, cette Maison du Répit a tout de suite trouvé écho à notre halte-répit initiée par le CCAS avec l’association France Alzheimer.

Nous sommes tous confrontés à des drames familiaux qui nous entrainent sur des chemins que nous ne maitrisons pas.
L’impérieuse nécessité, le besoin vital d’accompagner nos proches le plus loin possible, est un combat de tous les instants.
De ce combat, nous le savons tous, nous n’en sortons jamais indemnes.

Longtemps oubliées, les difficultés rencontrées par ceux que l’on appelle aujourd’hui les aidants familiaux, la société en a pris conscience, il y a 7 ans maintenant, avec l’application des premiers textes de loi.

Depuis, ces textes évoluent pour apporter leur concours, leur soutien aux familles en levant des obstacles, en leur offrant une bouffée d’oxygène qui leur permette de ne pas trop perdre pied, de mieux se battre, et de se focaliser un peu plus, sur ce long chemin semé d’embuches, de périodes de détresse, d’espoir aussi, guidé par le seul fil conducteur qu’est l’amour et la vie.

Malheureusement, les textes ne suffisent pas toujours. Ils sont très importants certes, néanmoins, il nous faut parfois aller plus loin.
Il nous faut réfléchir, imaginer, comprendre les manques, les besoins, pour mieux les accompagner, les aider, les soutenir, puis initier et enfin agir.

Agir, car nous le savons tous, l’aidant est mobilisé au quotidien, confronté à ses propres obligations personnelles et professionnelles et à l’évolution de la pathologie. Une pathologie qui peut impliquer une disponibilité croissante et, souvent, les statistiques le prouvent, l’aidant est particulièrement exposé à l’épuisement, au stress, avec des risques élevés pour sa propre santé.

Ainsi, au bout de trois ans, la dépression touche un aidant sur deux et, dans le cas de la maladie d’Alzheimer, un tiers d’entre eux décède avant l’aidé. Comment imaginer l’avenir alors ?

Tous ont besoin, consciemment ou pas, à un moment, de s’abriter pour se protéger, pour se ressourcer, pour mieux se battre ! Oui, se battre, pour la vie, pour l’autre, pour un quotidien plus humain. Il leur faut du répit.
Il leur faut un environnement qui diffère de leur quotidien. Une maison différente où ils sont pris en charge, avec leur famille. Une maison pour apaiser, soutenir, aider ceux qui souffrent dans leur chair et dans leur âme. Cette première Maison portée par la Fondation France Répit existe aujourd’hui, d’autres sont à venir sur notre territoire.

Que ce soit auprès des pouvoirs publics, qu’il s’agisse de fondations, de grandes entreprises ou de mécènes, tous ont apporté leur contribution. La Région est partenaire de ce magnifique projet, et je ne peux que me réjouir de voir notre Métropole le soutenir aujourd’hui. Nous faisons quelque chose bien, Monsieur le Président, chers collègues.

Je terminerai mon propos, Monsieur le Président, chers collègues, par cette citation de Martin Gray :
« Faire que les blessures deviennent, si l’espérance l’emporte sur la souffrance, les veines dans lesquelles ne cesse de battre le sang de la vie. »

Merci.

Alice DE MALLIARD – Maison de répit