Alexandre Vincendet est intervenu en Conseil de la Métropole du 25 juin 2018 au sujet du SIGERLY

Monsieur le Président, chers collègues,

Nous sommes satisfaits de voir la Métropole se saisir enfin de sa compétence de la même manière sur l’ensemble de son territoire. Cependant, cette volonté de cohérence, certes attendue, n’est pas exempt de remarques.
Tout d’abord, le manque initial de concertation sur ce dossier est particulièrement regrettable. Nous espérons bien que les choses se dérouleront mieux pour les prochaines communes qui se préparent à rentrer dans la gestion métropolitaine. En effet, sur ce dossier, pourtant majeur, une seule réunion politique a été organisée et aucun représentant de Caluire-et-Cuire n’y a été invité. Depuis, nous n’avons plus de visibilité sur l’état d’avancement du projet et les informations nous parviennent de manière trop parcellaire.

La présentation qui est faite des enjeux nous semble bien tardive et impose des échéances intenables tant politiquement que techniquement.
Les hypothèses de travail retenues envisageant la fermeture de l’Unité de Traitement et de Valorisation Energétique (UTVE) confèrent presque au secret bien qu’il nous soit affirmé que rien n’est actuellement décidé sur le sujet. Cette fermeture, annoncée à demi-mot nous inquiète, car elle entrainerait, au minimum, une augmentation de 15 à 20% de l’actuelle tarification, ce qui n’est pas acceptable dans une ville populaire comme Rillieux-la-Pape.

De plus, il m’a été signifié, lors de la seule réunion que nous avons eue, qu’il était également question de l’installation d’une chaufferie gaz sur ma commune avec une cheminée de plus de 10m de haut à moins de 20m des habitations. Je suis bien évidemment opposé à un tel projet. Est-ce qu’un seul d’entre nous accepterait cela sous ces fenêtres ? Bien sûr que non.

En tant que Maire, il est inadmissible que nous soyons si peu associés à ces décisions qui ont un impact non négligeable. D’autant plus que nous disposons d’une réelle expertise, puisque nous assumions cette compétence jusqu’au 1er janvier 2015.
Parce que concrètement, les élus de terrain que nous sommes sont en première ligne du mécontentement des usagers victimes des défaillances techniques des concessionnaires. Ce n’est pas vers la superstructure Métropolitaine que les usagers se tournent, mais vers nous, alors que nous sommes totalement dépossédés de cette compétence. Ils savent que les réponses rapides viennent des Maires et élus locaux.
Les Maires et élus de la Métropole ne sont pas et ne seront jamais de simples caisses enregistreuses de décisions techniques déconnectées.
Par exemple, tous les hivers, les communes sont confrontées aux ruptures d’un réseau vieillissant et peu entretenu. Si nous comprenons que la rénovation complète du réseau est impossible, il n’en demeure pas moins qu’une meilleure préparation des périodes hivernales préviendrait ces jours difficiles.
Pour anticiper ces problèmes, à Rillieux-la-Pape, nous avons créé le comité de chauffage urbain qui réunit usagers et opérateurs. Ce comité fait le point sur l’état du réseau. Sur le même modèle, je propose que soit créé un comité métropolitain du chauffage urbain pour accompagner les concessionnaires dans la nécessaire rénovation du réseau. Cette assemblée d’évaluation constituerait le cadre adapté pour débattre de la gestion énergétique, question qui nous concerne tous tant il va de pair avec l’écologie.
Ce débat technique illustre en fait très bien la question du rapport qu’entretient la Métropole avec la notion de subsidiarité. En dépossédant peu à peu les communes de leurs champs de compétence, tout en leur laissant le soin de répondre directement aux préoccupations des habitants, la Métropole prend le risque d’inaugurer une subsidiarité asymétrique où la technocratie prendrait le pas sur la démocratie directe.
Or, l’actualité de l’Union Européenne nous enseigne ce qui se produit quand on a tendance à éloigner le centre de décision des lieux d’application. Je pense que vous ne souhaitez pas le même sort à la Métropole.
Il serait dommageable qu’à l’avenir cette tendance entame la confiance des Métropolitains dans cette ambitieuse collectivité.
La Métropole lyonnaise ne le mérite pas, elle mérite une démocratie plus inclusive et respectueuse des entités communales.

Alexandre Vincendet – SIGERLY