Monsieur le Président, mes chers collègues,

Ce rapport nous donne l’occasion d’évoquer un sujet beaucoup plus large et qui concerne le pouvoir d’achat des retraités. Je ne vous ferai pas la longue liste des critiques envers la politique gouvernementale sur la baisse du pouvoir d’achat du fait de l’augmentation de la CSG, des taxes sur le fuel et l’essence, la non revalorisation des petites retraites…

Pour ne pas aborder ici des choix de politique nationale, je me concentrerai sur la situation des retraités dans notre territoire et plus particulièrement sur le régime indemnitaire de notre Assemblée.

Imaginons, c’est un cas d’école, un simple citoyen retraité de la fonction publique, issu du ministère de l’éducation nationale, et dont l’intérêt pour la chose publique l’amène à assurer des responsabilités électives locales et même nationale en qualité de parlementaire.

Imaginons aussi que par son investissement total pour l’intérêt général il accède à la présidence d’une collectivité puissante comme une grande Métropole. Notre retraité cumulerait alors des indemnités locales et nationales jusqu’au plafond autorisé par la loi, il n’y a rien à redire.

Imaginons encore que par son talent il soit repéré au niveau national et accède à un grand ministère régalien.

Cette fonction de Ministre fait l’objet d’une rémunération dont il ne nous appartient pas ici de juger du bien-fondé. En revanche, le travail intense serait tel qu’il deviendrait alors impossible pour notre retraité de la fonction publique d’assurer une présence effective dans les instances locales dont il serait toutefois resté membre.

Et c’est de là qu’est née notre inquiétude sur le pouvoir d’achat de notre petit retraité de la fonction publique. En effet, quand on lit l’article 69 de notre règlement, seuls quatre cas d’absences sont prévus qui ne correspondent pas à la fonction de ministre : raison médicale, non ; représentation officielle de la Métropole, non ; concomitances de réunions d’organes délibérants ou parlementaires liés aux mandats exercés, encore non ; et réunion convoquée selon la procédure d’urgence, c’est toujours non !

Et là c’est grave, car rappelez-vous cette déclaration de janvier 2017 d’un sénateur du Rhône que l’on ne nommera pas : “Mes revenus sont plafonnés, je ne touche donc rien en tant que maire de Lyon et président de la Métropole, je suis donc tombé à 4 000 euros par mois, c’est un cauchemar “.

La question de notre groupe est donc, Monsieur le Président : dans le cas où l’un d’entre nous serait nommé au Gouvernement tout en restant membre de cette instance est-il envisageable de lui maintenir ses indemnités ou le règlement de notre Assemblée ne le permet donc pas ?

On vous le demande ici en conseil car lorsque la question vous a été posée par des journalistes vous avez refusé de répondre. Avez-vous oui ou non appliqué les réductions prévues par notre règlement pour les absences de tous les élus de cette Assemblé fussent-ils ministre ?

La question on ne la pose pas directement à M. Collomb, car ce n’est pas lui qui était en charge de la bonne application du règlement. Ce n’est plus lui qui avait autorité sur les services de la collectivité et ce n’était donc pas à lui de contrôler le bon fonctionnement de notre institution.

C’est à vous M. le président Kimelfeld de faire respecter la légalité dans nos procédures. Mais si on lit la presse on comprend que cela vous est assez difficile.

Comment ne pas être choqué de lire que des dossiers n’avancent pas car ils sont bloqués par votre propre cabinet politique contre votre volonté.

Comment ne pas être choqué de lire que vous avez demandé à votre ancien chef de cabinet de ne plus assurer des actions politiques en faveur du parti La République En Marche pendant ses heures de travail.

Comme si vous n’aviez pas autorité sur les emplois du temps des personnels membres de votre cabinet. Mais alors qui pouvait autoriser votre propre chef de cabinet à s’absenter et à utiliser les moyens de la Métropole pour favoriser un parti politique ?

Allez-vous vous défausser sur Gérard Collomb ou même sur son épouse ? Soyons sérieux !

Quand tout le monde se pose la question de savoir s’il y a encore un pilote dans l’avion, malheureusement ici à la Métropole on n’est plus au cinéma ! Et ce sont nos territoires et nos habitants qui pâtissent de vos querelles politiciennes.

Mes chers collègues, la Métropole de Lyon mérite mieux que cela et aujourd’hui notre groupe est plutôt heureux de ne pas siéger dans l’exécutif et de ne pas avoir à participer à cette mascarade !

Alexandre VINCENDET : Retenue sur indemnités : tous à la même enseigne ?