Monsieur le Président, mes chers collègues,

Le présent rapport porte sur la désignation d’un référent déontologue.

Comme cela est fort bien rappelé, la déontologie est un ensemble de principes et de règles éthiques qu’un agent public doit suivre. Nous complèterons cette définition par un rappel de ce qu’est l’éthique ou plutôt de sa caractéristique essentielle. L’éthique est universelle, autrement dit c’est quelque chose qui rassemble en théorie tous les humains. On ne peut donc pas la décliner localement : il n’existe donc pas une éthique lyonnaise, ou une éthique métropolitaine qui permettrait de prendre quelques libertés avec les principes.

Alors, nous n’aimerions pas être à la place du référent déontologue qui va devoir s’interroger sur certains comportements. Prenons l’exemple d’un de nos collègues qui après s’être battu à Paris pour que les communes soient représentées le moins possible dans cette Assemblée et qui promet aujourd’hui un “Sénat des Maires” auquel fort heureusement personne ne croit. La déontologie de la place de la Comédie, plus personne n’y adhère, c’est tellement “ancien monde”…

Nous n’aimerions pas davantage être à la place du déontologue qui devra faire respecter la règle d’or voulant qu’un agent public ne doive “pas utiliser les moyens du service public à des fins personnelles” – nous ne faisons que citer le texte du rapport. Il devra en effet se poser la question suivante : est-ce que travailler pour un parti politique, certes majoritaire, pendant ses heures de travail car on y est contraint par son supérieur est conforme à la déontologie? Vaste sujet, n’est-ce pas? Une nouvelle fois, la déontologie à la lyonnaise, cela semble quand même assez peu universelle…

La tâche de notre déontologue risque d’être encore plus complexe lorsqu’il s’apercevra qu’un de nos éminents collègues conseiller de la Métropole, membre de la Commission des finances, a préféré ne pas participer à sa dernière réunion pour recevoir dans sa belle Mairie un autre de nos collègues, Maire également d’une commune située à 20 kilomètres de la sienne. J’imagine que notre déontologue – le pauvre – va devoir trouver quels intérêts déontologiques supérieurs peuvent justifier pareilles absences…

Poursuivons avec ces passionnants concepts sur la gouvernance de la Métropole…

Il se trouve que parmi nous se trouvent de nombreux Maires et élus de terrain qui doivent rendre des comptes et à qui nos concitoyens posent des questions.

Et l’une des choses difficiles pour nous, élus locaux, Maires de villes petites et moyennes, est d’expliquer à nos concitoyens que la plupart des dossiers concernant leur quotidien sont désormais réglés ici-même à la Métropole.

Cela, nous y parvenons, c’est explicable. Ce qui l’est moins, c’est lorsqu’une association voit sa subvention baisser, ou supprimer car la Commission permanente, où aucun membre de notre groupe ne siège, en a décidé ainsi.

Nous aurons plaisir à écouter notre déontologue afin qu’il puisse nous expliquer en quoi cela est éthique d’exclure des membres d’une assemblée d’une commission permanente sur le fondement d’une étiquette politique.

Toutefois, au milieu de toutes ces questions que nos concitoyens nous posent, la seule à laquelle nous ne pouvons pas trouver d’explication, mes chers collègues, c’est lorsque nos concitoyens nous disent que de toute façon dans deux ans, il y a des chances pour que leur commune n’ait pas de représentant au Conseil de la Métropole. Dans pareils cas, nous ne pouvons qu’acquiescer et prendre acte de cette reculade démocratique. Nous n’avons pour le coup, pas vraiment besoin d’un déontologue pour y voir un hold-up démocratique.

Est-ce éthique? Est-ce déontologique?

Fort heureusement, notre groupe politique se réjouit de bientôt pouvoir disposer d’un interlocuteur qui sera en mesure de nous éclairer sur l’éthique de notre institution, la déontologie des élus de cette assemblée. Nous voterons ce rapport avec un grand plaisir.

Alexandre Vincendet – Déontologie ?