Monsieur le Président et chers collègues, nous ne pouvons que nous réjouir de la relance de ce dispositif d’aide à la primo-accession.

Pour nombre de foyers qui souhaitent faire l’acquisition de leur premier logement, il y a des coups de pouces qui peuvent être déterminants. D’autant plus -et l’expérience nous l’a prouvé‑ qu’il s’agit essentiellement de jeunes actifs qui démarrent dans la vie professionnelle. Cette dernière remarque a son importance lorsque j’évoquerai le nouveau dispositif qui nous est proposé.

Notre collègue, Catherine Laval, en charge de ces questions dans ma Commune pourrait vous le confirmer, un grand nombre de foyers n’aurait sûrement pas sauté le pas sans ces multiples soutiens de nos collectivités. Lorsqu’on échange avec les familles concernées, on peut aussi l’affirmer clairement : ces aides ne sont pas qu’une simple manière de crédibiliser leur dossier d’accession. Notre aide, même si elle peut paraître minime à certains, est déterminante dans le sens où elle fait partie d’un ensemble qui concourt à la réalisation du projet d’acquisition ; et ce d’autant plus que certaines Communes ont fait le choix, comme à Saint Priest, d’accompagner le dispositif métropolitain en doublant l’aide octroyée.

J’en profite pour regretter l’arrêt brutal du dispositif par la Métropole en juin 2015 qui a mis en difficultés nombre de familles. Nous avons dû, pour certains dossiers, négocier avec les promoteurs une remise commerciale afin d’éviter de voir des projets capoter. Même si nous pouvons éventuellement entendre l’argument budgétaire, il nous semble qu’un travail d’anticipation aurait tout de même été le bienvenu. Pour faire face à ce retrait et continuer d’accompagner les bénéficiaires potentiels, nous avons d’ailleurs fait le choix, à Saint Priest, de continuer notre politique d’accompagnement financier, même en l’absence de la Métropole.

Mais si nous nous réjouissons ‑comme je le disais en début d’intervention‑ de la relance du dispositif, cette délibération appelle néanmoins quelques commentaires.

Les modalités antérieures du dispositif avaient montré leur efficacité, au moins en ce qui concerne l’est lyonnais. Examinons ce qui nous est proposé désormais.

Pour les territoires avec un marché immobilier de l’accession abordable inférieur à 2 800 € le mètre carré, en clair l’est lyonnais, les ménages de trois personnes et moins voient leur aide passer de 3 000 à 2 000 €, baisse qui n’est pas prévue pour les territoires avec un prix abordable supérieur à 2 800 € le mètre carré. En revanche, on crée une nouvelle tranche de foyers de cinq personnes et plus qui se voient attribuer des aides : 4 000 € ou 5 000 €, en fonction du territoire. On a donc un glissement des aides qui cherche à s’opérer.

Pour mémoire, dans l’ancien système, avec 4 000 € d’aide, ce sont 50 foyers de cinq personnes et plus, en tout et pour tout, qui ont demandé à bénéficier du dispositif sur l’ensemble du territoire métropolitain. En revanche, 883 foyers de trois personnes en ont bénéficié ; les jeunes qui démarrent dans la vie, dont je vous parlais tout à l’heure.

Alors je vous pose la question : pourquoi ce glissement ? Pourquoi ce changement dans nos politiques d’aide à la primo-accession ? On nous explique ce choix en parlant de risque généré par des ménages aux ressources trop tendues au sein de mêmes résidences, laissant redouter la fragilisation des copropriétés. Mais enfin, c’est tout le contraire !

Il n’y a qu’à examiner avec attention les dossiers des 883 jeunes couples que nous avons aidés jusqu’à présent. Quel est le profil type de ces jeunes acquéreurs ? Ils sont en couple, ils ont un projet familial à venir, ils sont actifs tous les deux, ils ont entre 26 et 30 ans. On a donc des jeunes actifs qui démarrent dans la vie et qui ont l’opportunité de venir s’installer justement dans nos territoires où le coût des acquisitions est à leur portée. Je vous demande quels risques font-ils prendre à qui que ce soit. ?

On peut aussi évoquer la dynamique que les projets de ces jeunes peuvent procurer à nos communes de l’est lyonnais qui en ont tellement besoin. Alors pourquoi risquer de casser une dynamique qui marche ? Parce que 1 000 € en moins dans un dossier de première acquisition, ce n’est pas anodin. Nous en avons l’expérience à Saint Priest durant la période où l’aide de la Métropole s’est interrompue.

Il y avait pourtant l’opportunité, pour la Métropole, d’accompagner l’est lyonnais qui est à la fois un territoire de fort développement de l’offre immobilière mais aussi un territoire fragile.

Merci.

 

 

Aide à la primo-accession
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