Pierre Berat

Pierre BERAT
Conseiller municipal de Lyon 3ème
Conseiller métropolitain

Monsieur le Président, Chers collègues

Le groupe des élus UMP et apparentés salue et soutient le dynamisme des entreprises de la filière numérique de notre agglomération. A l’occasion de ces deux délibérations relatives à Lyon French Tech, nous vous faisons part de nos interrogations, d’une part sur votre approche de l’animation du tissu économique, et d’autre part, sur la façon de choisir le lieu totem de la French Tech.

Les 7 000 entreprises du numérique, avec leurs 42 000 emplois, sont un véritable atout pour notre agglomération. Ce dynamisme entrepreneurial associe de grands acteurs et une myriade de TPE et startups, qui font de notre agglomération le 2e pôle numérique français, fort également de 600 formations universitaires.

Comme pour d’autres filières économiques, il y a sans doute besoin de renforcer la visibilité de ce potentiel économique. Nous soutenons donc la démarche French Tech, même s’il faut reconnaître que l’engagement financier de l’Etat est somme toute limité. C’est donc l’action des entrepreneurs, des chercheurs, des salariés de la filière numérique qu’il faut d’abord saluer.

Nous approuvons donc la création, l’adhésion et le soutien financier à l’association Lyon French Tech en tant que structure d’animation de la filière.

Cela nous amène néanmoins à une interrogation sur votre approche du développement économique. Dans le contexte financier contraint qui est le nôtre, une fois que la structuration d’une filière est réalisée, comme c’est le cas pour le numérique, et que le Grand Lyon externalise l’animation de cette filière avec un soutien financier, ne faudrait-il pas dans le même temps réduire les moyens consacrés en interne à l’animation économique ?

Concernant la création du lieu totem, vous nous demandez aujourd’hui de valider un choix. Je sais que plusieurs bâtiments ont été analysés et que les professionnels ont été associés au choix, parmi cette short-list.

Concernant le choix de la halle Girard, peut être que cela sera un lieu fort à terme, dans le quartier Confluence. Maintenant, il est aussi possible d’avancer quelques réserves.

Sans doute pour quelques années, même après 2017, le lieu risque d’être encore marginal. Le numérique a besoin d’une vitrine fédératrice tout de suite, pas dans 3 ou 5 ans. N’inversons pas la logique des choses. Il faut appuyer le développement de la filière numérique et non pas se servir d’elle pour aménager une zone d’activité.

Nous pouvons aussi nous poser la question si La Part-Dieu n’aurait-elle pas été un lieu plus adapté ? Vous le savez, je ne pense pas qu’il faille tout concentrer à la Part-Dieu. Mais pour le coup, quand on parle de vitrine et d’accélérateur de startups numériques, ce secteur a vraiment du sens : parce que c’est un lieu d’expérimentation numérique, parce qu’il y a la densité économique, parce que enfin et surtout, il y a l’accessibilité par le pôle d’échange multimodal, atout essentiel pour connecter nos entreprises numériques au monde.

Ce pourrait notamment être un formidable levier pour fédérer les pôles numériques de toute notre région : Grenoble, Saint Etienne et Annecy. Et demain, les capacités de l’Auvergne viendront encore renforcer notre potentiel. Il s’agit là d’un enjeu fondamental pour peser au plan mondial.

Pour être dans la proposition, pourquoi par exemple ne pas avoir envisagé de localiser le lieu totem dans l’ancienne blanchisserie des HCL, cours Lafayette ? C’est une idée spontanée comme nous n’avons pas été associés au choix, mais c’est un exemple d’une localisation qui avait l’avantage d’une disponibilité immédiate et d’une proximité de la gare.

D’une manière plus large nous regrettons que notre assemblée n’ai pas été associée à la sélection du lieu. Quand on cherche à mettre en valeur les compétences économiques de notre agglomération, tous les territoires de cette dernière peuvent faire valoir leur potentiel.

Même si des éléments justifient le choix de Lyon sur la French Tech, à l’avenir sur ce type de création de lieu économique phare, il faut avoir la réflexion au niveau de toutes les communes de la Métropole et avec tous les groupes politique. Une discussion ouverte et partagée sur un dossier qui engage les finances et l’orientation des politiques de développement de la filière des nouvelles technologies aurait permis que chaque territoire se sente concerné par le choix final.

French Tech, un lieu offrant une meilleure visibilité
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