Agnès Gardon Chemain

Agnès GARDON CHEMAINConseillère municipale
d’EcullyConseillère métropolitaine

 

Monsieur le Président et chers collègues, le vote de la convention 2015 avec l’ADERLY et l’attribution d’une subvention sont l’occasion de saluer l’excellent travail effectué par cette agence malgré la faible attractivité internationale de la France mais aussi de s’interroger sur la répartition de la compétence économique
entre les collectivités et sur l’efficience de nos politiques.

La Métropole a repris l’action économique de la Communauté urbaine et vous nous présentez aujourd’hui le bilan et le programme de ce qu’on pourrait appeler “le bras armé de cette politique”. Vous n’êtes pas sans ignorer, monsieur le Président, que se discute actuellement devant le Parlement le projet de loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République qui vise à conférer la compétence économique de manière quasi exclusive à la Région.

Vous avez d’ailleurs présenté un amendement au Sénat pour, je vous cite : “imaginer une coopération entre, d’une part, les Métropoles et les Régions et, d’autre part, les territoires qui se trouvent hors de la sphère d’influence des Métropoles”. Si vous me permettez d’être plus claire, faire de la Région un simple coordonnateur des politiques menées par les collectivités infralocales. Votre amendement a été rejeté mais, pour que l’on ne pense pas que ce fut un acte politique, je précise que c’est le Gouvernement qui l’a retoqué. Cette vision gouvernementale, si nous la comprenons bien, a pour objet de rationaliser les politiques sur un même territoire, de réduire les structures et donc de diminuer les coûts des dépenses publiques d’intervention. Il poursuit donc la même logique que la vôtre lorsque vous avez proposé la création de la Métropole.

Nous allons donc devoir restructurer notre politique de développement économique en fonction de cette compétence régionale et la fondre dans la politique choisie par la Région. La question est particulièrement opportune. Quand on constate les difficultés de gouvernance et de financement que rencontre Erai, la
structure de la Région Rhône-Alpes, l’Auvergne a elle aussi sa propre agence régionale de développement, ce sera une autre structure à intégrer.

Nous souhaiterions donc savoir quelle est votre réflexion dans ce domaine. Avez-vous préparé cette évolution et demandé conjointement avec votre collègue, le Président de la Région Rhône-Alpes, aux structures économiques du territoire d’amorcer une réflexion sur le rapprochement de leurs activités, avant d’envisager un rapprochement de leur structure ? Nous aurons du mal à entendre que, pour lancer ce travail, il faut attendre le vote de la loi NOTRE. On nous dira ensuite qu’il faut attendre le résultat des élections régionales, puis qu’il faut attendre le vote du budget de la Région, puis attendre le vote de ses orientations  économiques et, comme d’habitude, un matin, nous trouverons votre proposition toute ficelée sur un coin de table que même le Vice-Président aura découvert la veille, par un envoi de mail à une heure tardive. On nous redira alors, comme d’habitude, que l’on n’a plus le temps de discuter car les délais d’adoption sont contraints !

Un peu d’anticipation et de travail collaboratif sur un sujet aussi important nous semblent nécessaires. Nous souhaiterions donc une séance spéciale de la commission compétente pour traiter de ce sujet.

Je vous remercie, monsieur le Président, de l’attention que vous porterez à notre demande.

Développement économique : quelle articulation avec la Région ?