Monsieur le Président, mes chers collègues, s’agissant de la convention de financement qui nous est proposée, notre groupe se prononcera bien évidemment favorablement.

Néanmoins, nous souhaitons profiter de cette délibération pour exprimer à la fois nos interrogations et une certaine exaspération.

En notre qualité d’élus, nous avons naïvement pu croire que le respect par les Communes de la loi Besson du 5 juillet 2000 et donc du schéma départemental d’accueil des gens du voyage qui en découle leur permettait d’obtenir des services de l’Etat la mise en œuvre effective de l’expulsion des groupes de passage stationnant illégalement sur des terrains, qu’ils soient publics ou privés.

Car si la loi fixait des obligations aux collectivités, elle visait aussi à diminuer fortement les installations illégales.

Force est de constater que cet objectif n’est pas atteint. Et je ne parle pas uniquement des grands passages de l’été qui ne sont qu’un aspect du problème. Pour vous donner un exemple très récent, ce ne sont pas moins de 500 véhicules stationnés en toute illégalité.

Alors, lorsque le bilan 2015 de l’Association humanitaire, d’entraide, sociale à proximité (ARTAG) annonce -et je le cite- “une quasi-disparition des stationnements spontanés”, on peut se demander si Saint Priest est toujours situé dans le territoire de la Métropole. Drôle de stratégie qui consiste à ignorer un problème pour le faire disparaître !

La population de nos Communes mais aussi nos entreprises vivent et subissent cela toute l’année. Portails fracturés, clôtures arrachées, éclairage public squatté au risque de provoquer des incidents électriques sur le réseau… Et la liste est longue. Je me permettrai d’ailleurs, en fin d’année, de vous communiquer le coût pour la Commune de remise en état et de sécurisation des terrains publics communaux squattés. Les services de la Métropole pourraient également s’astreindre à ce petit exercice.

Lorsque le bilan d’activité 2015 de nos aires d’accueil métropolitaines énonce que toutes ces aires, y compris celles dites “de passage”, ne sont plus occupées aujourd’hui que par des familles en cours de sédentarisation ou tout du moins installées sur le territoire de la Métropole, je me demande si nous sommes capables de faire autre chose que d’observer et gérer une situation qui nous dépasse.

Lorsque l’on me conseille de négocier le temps d’occupation des terrains avec les groupes en infraction, je crois rêver. Force ne serait donc pas à la loi ? La loi de la République serait donc négociable quand il s’agit des gens du voyage ?

Monsieur le Président, mes chers collègues, nous souhaitons que l’exécutif métropolitain prenne à bras-le-corps les difficultés provoquées par ces situations car le Maire se sent bien seul ; une fois de plus, ai-je envie de dire.

Les travaux préalables à l’élaboration du prochain schéma, le schéma actuel arrivant à échéance en 2017, seront une opportunité pour fixer avec l’Etat des engagements réciproques. Nous comptons sur votre détermination.

Merci.

Accueil des gens du voyage
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